Les producteurs de coton de Banikoara sont dans le désarroi. Alors qu’ils s’apprêtaient à recevoir leur argent après de durs labeurs dans le cadre de la campagne cotonnière 2016-2017; trois secrétaires de coopératives villageoises ont disparu avec les fonds.
Les jours à venir risquent d’être très compliqués pour les producteurs de coton de Banikoara (première ville productrice de l’or blanc au Bénin). En effet, alors que ces deniers après un dur labeur s’apprêtaient à jouir de leurs efforts ; des escrocs en ont décidé autrement. Trois secrétaires de coopératives villageoises ont pris la clé des champs avec l’argent des producteurs. Le montant emporté se chiffre autour de 31 millions soit 16 millions, 8 millions et 7 millions de francs CFA. L’Association Interprofessionnel de Cotonou (AIC) dit ne rien devoir aux producteurs.
Selon les responsables de l’institution, 5 milliards ont été décaissés lors de la dernière décade pour payer tous les producteurs. C’est donc un coup dur pour les producteurs dans un contexte aussi difficile. Pour les autorités de Banikoara et la police, tout est train d’être mis en œuvre pour retrouver les auteurs de ce détournement et les punir selon la rigueur de la loi. Toujours dans la même commune Baninkoara, on apprend que les intrants de coton sont en train d’être bradés avec à la clé un doigt accusateur sur les secrétaires de Coopératives Villageoises de Producteurs de Coton (CVPV). À Kandi, le même phénomène s’observe et l’on apprend que le Secrétaire de CVPC et son client seront sanctionnés avec la dernière rigueur.
Mettre en place une politique pour approvisionner en intrant
Le bradage d’intrants de coton cache bien une mauvaise politique de distribution d’intrants agricoles au Bénin. En dehors du coton où on peut facilement avoir des intrants, cela n’est pas le cas pour les autres cultures qui sont obligées de se rabattre sur les intrants de coton. Il faudra donc que pour le développement du secteur agricole, il va falloir prendre le problème à bras le corps. Il est très facile de vouloir sanctionner des producteurs pour avoir bradé des intrants quand on sait qu’il n’est pas aisé à en avoir et conscient que le producteur vit dans une réelle précarité. Le gouvernement béninois qui a décidé de liquider la Centrale d’Achat des Intrants Agricoles doit démontrer que cette liquidation vaut la peine. Il est temps de révolutionner l’agriculture.



