30 000 francs CFA. C’est le montant qui vaut à un policier béninois de comparaître devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme, CRIET. L’agent, placé en détention depuis quelques jours, a été jugé le mardi 14 juillet 2026 pour des faits d’abus de fonction liés à l’épouse de Kemi Seba, le militant panafricaniste.
Selon le dossier, les faits remontent au passage de l’épouse de Kemi Seba à l’aéroport de Cotonou. La dame, de nationalité belge, devait se rendre en Belgique. Son visa était expiré. Inquiète, elle a pensé ne pas pouvoir quitter le territoire. Kemi Seba aurait alors sollicité le policier pour lui « faciliter » le voyage.
En réalité, l’intervention du policier n’était pas nécessaire. La dame retournait dans son pays d’origine. Elle avait juste besoin de son passeport. Malgré cela, après l’avoir aidée, le policier aurait reçu la somme de 30 000 francs CFA. L’argent lui aurait été envoyé par la dame pour le remercier de son assistance.
L’affaire a été découverte lors de l’enquête sur le dossier Kemi Seba. La fouille du téléphone de son épouse a mis au jour les échanges. Les enquêteurs ont établi que le policier avait été sollicité à deux reprises. Il a ensuite été interpellé, présenté au parquet et placé sous mandat de dépôt.
Le parquet requiert 24 mois dont 12 fermes
Lors de l’audience du mardi 14 juillet, le ministère public, représenté par la cinquième substitut du procureur spécial, a été sévère. Il a requis une peine de 24 mois de prison dont 12 mois fermes contre le policier. Le parquet a également demandé une amende d’un million de francs CFA. Pour le ministère public, l’agent de la police républicaine s’est rendu coupable d’abus de fonction en acceptant de l’argent en guise de récompense pour un acte lié à ses fonctions.
La défense plaide la relaxe
La défense, assurée par Maître Brice Houssou, a plaidé la relaxe au bénéfice du doute. L’avocat a fait valoir que la police cherchait à interpeller toutes les personnes ayant aidé la famille de Kemi Seba. Il a précisé que la dame aurait sollicité le policier une seconde fois. Ce dernier aurait décliné, arguant qu’il n’était plus en poste à l’aéroport de Cotonou mais affecté à Savè. Après les réquisitions et les plaidoiries, la cour a mis le dossier en délibéré. Le verdict est attendu pour le mardi 20 octobre 2026, rapporte l’envoyé spécial de Libre Express.
Sylvie Sounton
Le Soleil Bénin Info



