On l’attendait depuis le début de cette affaire. Eh bien, c’est fait. La Côte d’Ivoire s’est prononcé sur l’attestation du journaliste béninois, Hugues Sossoukpè et son l’extradition vers le Bénin. Selon le porte parole du gouvernement ivoirien, l’arrestation en Côte d’Ivoire du journaliste béninois réfugié politique au Togo et son extradition vers le Bénin en juillet n’étaient pas « illégales ».
Hugues Comlan Sossoukpè, directeur de publication du journal en ligne Olofofo et critique du président béninois Patrice Talon, a été interpellé par les autorités ivoiriennes et extradé au Bénin après avoir été invité par Abidjan à participer à un salon de l’innovation digitale. A en croire, Amadou Coulibaly, « les autorités ignoraient son statut de réfugié politique », assurant qu’elles n’étaient pas non plus au courant du mandat d’arrêt émis contre le journaliste au moment de l’invitation.
« Le ministre de la Transition numérique a invité une cinquantaine de journalistes sur la base de leurs compétences », a expliqué le porte parole du gouvernement ivoirien, assurant qu’« aucune action illégale n’a été entreprise ». « Nous avons simplement exécuté un mandat au nom de la coopération judiciaire avec le Bénin », a-t-il déclaré.
« Guet-apens ? »
Selon le président du Mouvement ivoirien des droits humains (MIDH), Drissa Bamba, le statut de réfugié politique est international et prime sur toute coopération judiciaire entre des pays. Il estime également que les actions des autorités ivoiriennes étaient « préméditées ». « N’était-ce pas un guet-apens, pour le transférer au Bénin ? » s’interroge-t-il.
Une loi ivoirienne de 2023 indique par ailleurs que « le réfugié ou le demandeur d’asile ne peut être refoulé à la frontière, expulsé ou exposé à toute autre mesure tendant à le contraindre à retourner ou à demeurer sur un territoire où sa vie, son intégrité physique ou sa liberté serait menacée ».
De son côté, le porte-parole du gouvernement béninois, Wilfried Léandre Houngbedji, a assuré dimanche 20 juillet à la télévision béninoise que la liberté d’expression « s’accompagne du devoir d’assumer ou, à tout le moins, de prouver ses allégations ».
Dans leur déclaration aux lendemains de cette expédition trouble de Hugues Sossoukpè, ses avocats et l’ONG Reporters sans frontières (RSF) ont accusé la Côte d’Ivoire de l’avoir livré au Bénin en dépit de son statut de réfugié. Hugues Comlan Soussoukpé, réfugié politique au Togo depuis 2019, est désormais incarcéré à Ouidah, dans le sud du Bénin, pour harcèlement par le biais d’un système informatique, rébellion et « apologie du terrorisme ».
J.A
Le Soleil Bénin Info



