L’affaire de l’extradition de Kemi Seba continue de susciter une vive controverse, alimentée par des versions contradictoires au sommet de l’appareil judiciaire et dans le camp de la défense.
D’un côté, le procureur spécial près la CRIET, Mario Mètonou, affirme que la procédure engagée par le Bénin respecte les normes internationales en matière d’extradition. Selon lui, les autorités béninoises ont régulièrement transmis une demande conforme aux exigences légales, dans le cadre des poursuites visant l’activiste, notamment pour des faits liés à l’« incitation à la rébellion ». De l’autre côté, l’avocat de Kemi Seba, Juan Branco, conteste vigoureusement cette version.
Il soutient que la procédure d’extradition serait entachée d’irrégularités, évoquant notamment des manquements dans la transmission du dossier et des insuffisances juridiques susceptibles de fragiliser la demande béninoise. Cette divergence d’interprétation plonge l’opinion publique dans le doute. Entre discours institutionnel et stratégie de défense, difficile pour le citoyen lambda de distinguer le vrai du faux.
En toile de fond, cette affaire s’inscrit dans un contexte politique sensible. Kemi Seba, figure controversée du panafricanisme, fait l’objet d’un mandat d’arrêt international après ses prises de position en faveur d’un coup d’État manqué au Bénin en 2025. Son arrestation en Afrique du Sud et la procédure d’extradition en cours renforcent les tensions autour de son dossier.
Au-delà du cas individuel, cette affaire soulève des questions plus larges : respect des procédures judiciaires internationales, instrumentalisation politique éventuelle, et crédibilité des institutions impliquées.Alors que les deux camps campent sur leurs positions, une seule certitude demeure : seule l’évolution du processus judiciaire permettra de trancher définitivement cette bataille de versions.
S.S
Le Soleil Bénin Info



