Cette année 2023 qui marque les sept ans de gouvernance du président Patrice Talon est sans nul doute l’année où la stabilité au sein de l’équipe gouvernementale est perturbée. Cela, soit par des remaniements techniques ou par des démissions. De Séverin Quenum à Oswald Homéky, en passant par Dona Jean-Claude Houssou, Aurélien Agbenonci, Hervé Hêhomey et autres, l’effectif de départ commence à perdre ses membres progressivement.
Mais, au-delà des raisons profondes qui justifient ces départs pour le moins inattendu pour le commun des béninois, n’est-il pas temps pour le Chef de l’État d’entrevoir une formule choc pour redynamiser sa machine ? Dissoudre le gouvernement. C’est sans ambages ce que les Béninois souhaitent. Ce souhait est inspiré par le fait que la plupart des membres de l’équipe gouvernementale en place sont à leurs postes depuis 2016.
Plus de sept ans au poste, ils sont dans un confort douillet et ne craignent nullement d’être remplacés. Et quand on a cette intime conviction d’être indéboulonable, on est parfois moins actif. Mieux, après sept ans de dur labeur au gouvernement, la lassitude vous gagne et vous êtes moins productif. C’est pourquoi, le Chef de l’État aujourd’hui, au lieu de penser à un remaniement technique de son gouvernement après le limogeage de Oswald Homéky, doit plutôt balayer tout le monde.
La dissolution du gouvernement comme l’ont fait ses homologues de la Côte d’ivoire et du Sénégal s’impose à tous points de vue. Surtout que les trois prochaines années seront dédiées aux calculs politiques liés aux échéances électorales à venir, le président Patrice Talon se doit de mettre en place un gouvernement compétitif, dynamique et prêt à donner le maximum pour le développement du pays.
Car, à la vérité, ils sont nombreux dans le gouvernement à nourrir l’ambition de succéder au président Patrice Talon. Et dans cette veine, il n’est pas exclu qu’ils lui glissent des peaux de banane pour ralentir son élan de développement. Il est certes le seul à maîtriser ceux qui l’entourent. Mais avec la cacophonie des ambitions, le risque que ses ministres pensent à leur repositionnement après 2026 est grand.
Euphorie Gantin
Le Soleil Bénin info



