
Au Bénin, tous les moyens sont bons pour sortir de la précarité. Même en jouant subtilement avec le nom de Dieu. C’est ce qu’il convient d’affirmer, au regard de la montée en puissance d’une catégorie d’hommes qui se prévalent de Dieu. Ces derniers, dans leur imagination fertile, ont semblé trouver la bonne formule. Profiter de la naïveté et de l’ignorance des populations en quête de salut pour les escroquer et les dépouiller de leurs biens. Bref, un business religieux qui a le vent actuellement en poupe au Bénin .
La crise sociopolitique qui secoue actuellement le Bénin fait bien le lit à des vendeurs d’illusions qui y vont de leurs stratégies. Les unes aussi innovantes que les autres. De révélations en révélations, et de prêches en prêches, ces derniers, se passant des prédicateurs, prophètes, évangélistes ou encore pasteurs développent, au gré de l’actualité sociopolitique, des stratégies parfois très «réfléchies» dans le but de mieux convaincre, puis attirer l’attention non seulement des personnalités sociopolitiques, mais aussi des paisibles populations qui sont surtout la cible privilégiée à dépouiller.
Attention, aux gangsters religieux !
La précarité indescriptible dans laquelle la majorité des béninois sont plongés jouant en faveur de ceux-ci, rien ne semble plus les arrêter ces faux prophètes dans leur course effrénée pour non seulement berner les populations, mais aussi et surtout, faire du business religieux derrière le nom de «Dieu». «Je suis le Prophète du dernier temps. Dieu m’a révélé que Talon est l’homme idéal pour le Bénin. Il est là pour un temps indéterminé et fera de ce pays, un royaume qui est prévu par le Créateur », nous a confié pasteur H., un septuagénaire. Et de poursuivre: « Dieu m’a envoyé délivrer un message au Président Talon. Mais depuis 2016, toutes mes tentatives sont vaines ». A l’image de celui-ci, ils sont donc plusieurs à Cotonou à s’introduire sur le terrain politique, à glisser le nom du Chef de l’Etat dans leur «prophétie», au point même d’aller à la chimère et au blasphème, au nom de la politique du ventre. Au nom de Dieu, ils réussissent à obtenir facilement des faveurs des fidèles telles que les terrain, les matériels de sonorisation et autres pour l’implication de l’église. Ensuite, ils détournent tous ces biens et les transforment en patrimoines personnels. C’est ainsi qu’ils ont ruiné beaucoup d’hommes d’affaires et de pauvres familles. Il y en a même qui arrachent les femmes d’autrui, violent, et volent au nom de Dieu. Le tableau est maccabre.
Le gouvernement doit taper du poing sur la table
Qu’à cela ne tienne, l’autorité a l’impérieuse obligation de vite réagir pour arrêter le massacre. La liberté de religion et de culte ne doit pas amener des individus à jouer ni avec la foi de leurs concitoyens, ni avec la Providence. Renier Jésus-Christ au profit d’une certaine parfaite de gbanamè, est une véritable bassesse et Patrice Talon ne doit pas laisser le Bénin devenir un terreau fertile à une telle amnésie, comme c’est le cas au Togo où Ghana où encore au Nigeria où des escrocs se font passer pour l’incarnation du Dieu suprême. Ceci, sous le regard et le silence coupables du gouvernement. Au nom du respect de l’autorité étatique, ces faux prophètes qui inondent le pays à des fins purement intéressées doivent être remis à leurs places.



