Hier encore parmi les plus virulents détracteurs de Patrice Talon, les voilà aujourd’hui engagés avec ferveur dans la campagne du candidat soutenu par le pouvoir. À l’occasion de la présidentielle du 12 avril 2026, plusieurs figures autrefois classées dans l’opposition radicale ont opéré un revirement spectaculaire, se positionnant désormais en défenseurs actifs du duo porté par Romuald Wadagni.
Ce basculement, aussi soudain qu’inattendu, ne manque pas de surprendre. Ceux qui, pendant des années, ont combattu avec vigueur l’action gouvernementale, apparaissent aujourd’hui en première ligne pour promouvoir la continuité du système qu’ils dénonçaient hier encore.
Ce changement de posture soulève inévitablement des interrogations. Comment expliquer qu’une opposition aussi frontale se transforme, en si peu de temps, en soutien assumé ? S’agit-il d’un repositionnement stratégique dicté par les réalités politiques du moment, ou d’un aveu implicite sur la fragilité des convictions passées ?
Pour certains observateurs, ce ralliement met en lumière une opposition davantage circonstancielle qu’idéologique. Une opposition qui, avec le recul, semble avoir manqué de constance, voire de cohérence. Certes, en politique, les alliances évoluent et les repositionnements ne sont pas rares. La recherche de larges coalitions peut justifier l’ouverture à d’anciens adversaires.
La cause défendue aujourd’hui — celle de la continuité et de la consolidation des acquis — se veut rassembleuse et mobilisatrice. Mais ce rapprochement n’est pas sans susciter un certain malaise. Pour une partie de l’opinion, il donne l’impression d’un théâtre politique où les rôles changent au gré des circonstances, au risque d’affaiblir la crédibilité des acteurs concernés.
Ce revirement alimente également une lecture plus sévère de l’opposition d’hier. Si ceux qui contestaient avec vigueur la gouvernance en viennent aujourd’hui à la soutenir, certains y voient la preuve que cette opposition était davantage guidée par des postures que par des convictions profondes. Dès lors, ce ralliement apparaît, pour ses détracteurs, comme l’illustration d’une opposition jugée incohérente, voire opportuniste.
Dans ce contexte, la dynamique autour de Romuald Wadagni semble se renforcer, portée par une coalition élargie et une stratégie de rassemblement. Reste désormais l’épreuve décisive des urnes. Le 12 avril prochain dira si cette recomposition politique, marquée par des alliances inattendues, saura convaincre une majorité d’électeurs.
E. G
Le Soleil Bénin Info



