Ce que Talon doit faire pour sortir le Bénin de la honte

Le Bénin, de tous points de vue, est à la traîne. Il n’y a pas ce domaine dans lequel le jeune Etat laissé par Hubert Maga n’occupe pas les derniers rangs dans le concert des Nations. Son taux de croissance obtenu au titre de l’année 2016 et publié par le Fonds monétaire international (Fmi) est une parfaite illustration de ce que son envol économique n’est pas pour demain et il va falloir beaucoup de courage au président Patrice Talon pour sortir son pays de la misère et de la honte.

« L’économie a affiché un taux de croissance de 4 % en termes réels en 2016 », c’est l’annonce faite par une délégation du Fonds monétaire international (Fmi) qui,  avec à sa tête Norbert Toé, a séjourné au Bénin du 07 au 14 juin 2017 pour passer en revue l’évolution récente de la situation économique et financière du pays. Il s’agit là d’une information guère reluisante car, en termes de croissance économique le Bénin a régressé de 1,2 % étant donné que pour 2015 le compteur affichait 5,2%. Une sacrée régression non pas imputable à un homme, mais à tout un système axé sur la corruption, la gabégie, la paresse, une administration budgétivore et une balance commerciale extrêmement déficitaire. Et c’est un tel pays dont tous les signaux sont au rouge que le président Patrice Talon s’est lesté le devoir de révéler au monde. Parviendra-t-il à sortir du gouffre un tel pays ruiné par de folles années de Changement et de Refondation où seuls les vautours de la République avaient droit de cité ? Le faire relèverait plutôt de la magie que d’un acte ingénieux. Et c’est, sans doute, le plus grand et dernier défi que devra relever le Compétiteur-né. Lui qui a réussi à chasser du Pouvoir le Tout-puissant Yayi Boni et les Forces cauris pour un Bénin émergeant est sur la bonne voie. Déjà, sous son leadership, le règne de la gabegie a connu son apogée. La corruption, quant à elle, refreine ses effets dévastateurs. Plusieurs actions sont menées dans le sens de l’amélioration des conditions de vie des populations. Entre autres, le Programme « Microcrédits aux plus pauvres » relancé il y a peu, le Programme emploi des jeunes (Pej) avec lequel 17.500 seront emplois créés, l’Assurance pour le renforcement du capital humain (Arch), le projet « Bénin taxi » qui redonne à Cotonou son statut de vitrine, etc. Dans le domaine agricole, l’homme qui ne craint rien et qui n’est point un babillard a permis à son pays de dépasser la barre des quatre cent mille tonnes de coton au titre de la campagne écoulée. Au niveau de la filière véhicules d’occasions, des mesures ont été prises pour la relance de ce secteur vital pour l’économie nationale. L’énergie électrique, denrée indispensable pour les industries, est désormais disponible en quantité et en qualité. Mieux, des réformes sont en cours pour qu’il soit acheté à coût ridiculement bas. Tout ceci est beau, mais insuffisant pour combler les attentes vu que le fossé creusé par les Koutché et compagnie est profond.

Des perspectives favorables pour 2017

« L’économie a affiché un taux de croissance de 4 % en termes réels en 2016, surmontant ainsi la conjoncture de faible croissance imputable aux effets de contagion du ralentissement de l’économie nigériane. L’inflation est devenue négative en 2016 (-0,8 %) en raison d’une récolte très favorable et du faible niveau des prix du pétrole. Le déficit budgétaire a diminué en 2016 grâce aux mesures énergiques adoptées par les autorités pour maîtriser les dépenses. Les perspectives pour 2017 et pour le moyen terme sont favorables et sont largement tributaires de la mise en œuvre soutenue du Programme d’actions du gouvernement pour 2016–21 et du redressement de l’économie du Nigéria. Pour 2017-19, le programme budgétaire table sur un déficit moyen (dons compris) de 4,6 % du Pib qui concorde avec la viabilité du budget et de la dette. Le cadre macroéconomique à moyen terme prévoit une compression du déficit à 1,9 % du Pib en 2019, soit un niveau nettement inférieur au critère de convergence de l’Union économique et monétaire ouest-africaine de 3 % du Pib.  Conformément au programme économique appuyé par un accord au titre de la facilité élargie de crédit (Fec) approuvé par le Conseil d’administration le 7 avril 2017, les autorités ont entrepris un ensemble de mesures destinées à préserver la stabilité macroéconomique et financière et à relever les niveaux de vie. Elles ont adopté des textes de loi pour renforcer la mobilisation de recettes intérieures et améliorer la qualité des dépenses de manière à dégager une marge de manœuvre budgétaire en faveur des dépenses sociales et des investissements dans les infrastructures, tout en préservant la viabilité de la dette. Elles ont en outre entrepris des réformes pour intégrer les systèmes informatiques des administrations fiscale et douanière afin d’accroître leur efficience, de renforcer leur coordination et d’améliorer la mobilisation de recettes. »

Que doit faire Talon selon le Fmi ?

« Les services du Fmi et les autorités ont convenu qu’il importe de consolider les progrès initialement enregistrés dans la mise en œuvre du programme en mettant en œuvre sans tarder les réformes envisagées. À cet égard, les autorités doivent poursuivre les efforts destinés à promouvoir la bonne gouvernance et la transparence de manière à mobiliser l’investissement privé et à favoriser la mise en œuvre du Programme d’actions du gouvernement. L’accélération de l’exécution du nouveau cadre harmonisé au niveau régional pour la résolution des banques en difficultés et le renforcement de l’instance de supervision des institutions de microfinance sont essentiels pour maintenir la stabilité et le développement du secteur financier. Des politiques doivent être mises en œuvre pour assurer une intermédiation financière plus efficiente et pour donner plus de profondeur au secteur financier, de manière à accroître l’accès des populations rurales aux services financiers et à promouvoir l’inclusion financière. L’équipe du Fmi a rencontré le Ministre d’État chargé du plan et du développement, le Ministre de l’Économie et des finances, le Directeur national de la Bceao et d’autres responsables du gouvernement et de la banque centrale, ainsi que des représentants du corps diplomatique et des partenaires techniques et financiers. La première revue de l’accord conclu au titre de la Fec devrait avoir lieu en septembre 2017. Le Fmi tient à exprimer sa reconnaissance aux autorités et à ses autres interlocuteurs, pour leur chaleureuse hospitalité et pour l’esprit franc et constructif qui a animé les échanges. »

Author: Charles

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