L’on en sait un peu plus sur l’évolution de l’affaire de complot contre la sûreté de l’Etat qui impliquerait l’homme d’affaires Olivier Boko et l’ex-Ministre des sports, Oswald Homeky. Dans une intervention sur RFI, l’un des avocats des présumés responsables a levé un coin de voile sur les incessants rendez-vous devant le juge d’instruction. Selon Me Ayodélé Ahounou, « l’instruction est terminée dans l’affaire dite Olivier BOKO ».
Les choses s’éclaircissent de plus en plus dans la ténébreuse affaire qualifiée de « complot contre la sûreté de l’État, blanchiment de capitaux et corruption d’argent public » qui a entraîné la mise sous mandat de dépôt, depuis le 1er octobre 2024 dernier, de l’homme d’affaires Olivier Boko et de l’ex-Ministre Oswald Homeky. « Dans l’entendement des magistrats instructeurs, l’instruction est terminée. Ils nous ont mis le dossier à disposition. Ils ont visé des dispositions du code pénal qui nous autorisent à formuler des demandes de mesures d’instruction complémentaires. Nous les avons sollicitées en estimant qu’elles sont utiles à la défense de notre client », a confié au média, Me Ayodélé Ahounou, l’un des avocats de l’homme d’affaires.
À la question de savoir si les principaux accusés ont reconnu les faits, les trois chefs d’accusation mis à leur charge par le Procureur spécial de la Cour de Répression des Infractions Économiques et du Terrorisme (Criet), le Conseil a battu en brèche. « Notre client est resté constant depuis l’enquête préliminaire, jusqu’à l’heure où je vous parle. Parlant d’aveu, il n’y en a pas eu et il ne saurait en avoir. Tant qu’une décision au fond ne les reconnaîtra pas coupables des faits à leur charge, ils doivent être considérés comme des justiciables innocents. C’est en cela qu’il faut regretter les propos tenus ça et là, qui condamnent les faits en soi et les personnes poursuivies », a-t-il indiqué.
Des mesures d’instruction complémentaire à l’actif des avocats
Cette affaire qui tient en haleine le peuple béninois depuis la nuit du 14 septembre 2024, est loin de cesser de faire couler d’encre et de salive. Selon Me Ayodélé Ahounou, si l’instruction est bouclée auprès des juges d’instruction, elle est loin d’être le cas au niveau du collège d’avocats. « À l’étape actuelle où nous avons demandé des mesures d’instruction complémentaires, la loi oblige les magistrats instructeurs à nous répondre. Nous avons la possibilité d’exercer une voie de recours. Lorsqu’on aura fini ce parcours, les juges vont reprendre le dossier et pourront rendre une ordonnance de règlement. Ils peuvent, soit renvoyer les personnes poursuivies devant une juridiction de jugement, donc décider d’un procès, ou ils peuvent décider qu’il n’y a pas lieu à les poursuivre, au regard de la faiblesse des charges. Cette ordonnance peut également faire l’objet d’une voie de recours », a-t-il affirmé.
Malgré les conditions d’arrestation, la mise sous mandat de dépôt, les présentations répétées devant les juges et les nombreux propos tenus ça et là pour plonger les présumés coupables de cette affaire, le moral de ceux-ci serait inébranlable. « Ils se portent très bien, le moral est au beau fixe. Tout se passe bien entre les juges et nous. Les avocats ne sont pas les ennemis de la justice. Ils sont considérés comme des acteurs principaux du service public de la justice, donc ils accompagnent la manifestation de la vérité. Tout se passe bien, on s’entend avec les juges, sur le plan humain. Sur le plan technique, les magistrats instructeurs savent eux-mêmes qu’il y a du boulot. Nous leur en avons donné et on leur en donnera davantage », a notamment renseigné l’avocat.
I.B
Le Soleil Bénin info



