Craindre l’impopularité ou être porté en triomphe à la fin, Talon doit choisir

La lutte contre l’impunité est-elle possible au Bénin ? C’est la grande question que se posent beaucoup de Béninois depuis que le gouvernement a décidé de rendre public le résultat des audits.

Depuis son accession au pouvoir, le président Patrice Talon s’est engagé dans une lutte acharnée contre l’impunité. À cet effet, plusieurs audits ont été diligentés pour voir clair dans la gestion de certaines structures d’État. Le résultat est sans appel : des milliards de francs CFA évaporés dans la nature sans que personne ne soit inquiété et le cas le plus étonnant est le non-lieu prononcé dans l’affaire PPEA 2 qui a entrainé le retrait des Pays-Bas du Bénin.

Récemment, le Maire de Cotonou Léhady Vinagnon Soglo cité dans une affaire jugée grave a été suspendu puis révoqué par la suite. Et comme à chaque occasion quand il s’agit de punir, les réactions sont les mêmes : le gouvernement fait une chasse aux sorcières, selon certaines catégories de personnes. De Yayi Boni jusqu’à Talon les populations ont toujours réclamé les résultats d’audits et des punitions. Quand ceux-ci sont faits, c’est à une autre réaction qu’on peut s’attendre.

Ce qui amène à se poser la question de savoir si le peuple béninois est-il prêt pour une lutte contre l’impunité ? Mais ce que beaucoup ignorent et qui doit être ancré dans les esprits est que l’impunité est plus que nécessaire dans un pays comme le Bénin. En effet, pour des pays en voie de développement, une mauvaise gestion des ressources publiques peut plomber tout l’appareil économique du pays. Les infrastructures routières, l’accès aux services sociaux de base sont sacrifiés sur l’autel de la gabegie plongeant des milliers de populations dans la pauvreté au profit d’une petite bourgeoisie non inquiétée.

Les pays comme le Ghana, le Rwanda ont réussi à réduire la corruption ; les conséquences sont visibles. Ils jouissent des économies les plus florissantes sur le continent. Une chose est sûre, il faudra pour les autorités béninoises de foncer droit dans cette lutte contre l’impunité, car le fait de craindre de tomber dans l’impopularité peut conduire à des rétropédalages. Mao, Jerry Rawlings, Paul Kagamé ou encore Thomas Sankara ont été sévèrement critiqués dans leurs actions, mais cités aujourd’hui comme exemple de modèles de développeurs sur le continent.

Craindre l’impopularité ou être porté en triomphe à la fin ; Patrice Talon peut déjà faire son choix.

Author: Charles

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