Crise politique en Madagascar: le président malgache Andry Rajoelina porté disparu

Depuis la mutinerie qui a secoué une partie des militaires malgaches en soutien à la jeunesse contestataire, le président Andry Rajoelina demeure absent de la scène publique. « Quarante-huit heures après qu’une partie des militaires se sont mutinés en appui aux jeunes manifestants […] le président, Andry Rajoelina, reste invisible », observe Le Monde.​

Samedi, une unité de l’armée de terre a appelé à la désobéissance pour ne plus cautionner la répression contre les protestataires, lesquels exigent de meilleures conditions de vie, la fin des coupures d’eau et d’électricité, et désormais le départ du chef de l’État. « Les ordres qui nous ont été donnés depuis le début de la crise sont contre l’honneur de l’armée… Certains même ne sont pas légaux », explique le colonel Michael Randrianirina, à la tête de la mutinerie (citation recueillie par Le Monde).

La totalité des forces armées de Madagascar — terre, mer et air — s’est ralliée au mouvement initié par le Capsat, désignant Dominique Pikulas comme nouveau chef d’état-major. La gendarmerie, acteur clé de la répression des manifestations, a également reconnu des « dérapages » et rompu avec sa tutelle ministérielle. « L’ensemble des forces armées et des forces de l’ordre a rallié le corps d’armée des personnels et des services administratifs et techniques Capsat, à l’origine de la mutinerie. Celui-ci a désigné le général Démosthène Pikulas nouveau chef d’état-major », relate le média français.

Au même moment, le président Rajoelina demeure invisible. Plusieurs sources affirment qu’il aurait quitté Antananarivo en hélicoptère pour Sainte-Marie avant d’embarquer à bord d’un avion de l’armée française ; une version démentie par son entourage. Selon Mercédès Ratsirahonana, directrice de la communication présidentielle, « Andry Rajoelina est à son poste et reste le seul président élu de Madagascar », indique-t-elle au Monde.

Cette crise politique rappelle le précédent de 2009, où la prise de pouvoir par Rajoelina avait entraîné une suspension majeure de l’aide internationale, aggravant la pauvreté et la crise sociale. Aujourd’hui, la Génération Z, qui a essuyé pendant plus de deux semaines grenades et tirs de balles en caoutchouc, craint la « reprise en main » de leur combat par les dirigeants traditionnels. « Je suis à la fois confiante dans l’avenir […] mais je redoute que la situation nous échappe », témoigne Ana, 29 ans, manifestante (propos rapportés par Le Monde).

Plusieurs options sont débattues pour une « sortie honorable » dans le cadre institutionnel, dont le vote d’une motion d’empêchement ou la nomination d’un gouvernement consensuel chargé de piloter la transition et d’organiser des élections. Selon le colonel Randrianirina : « Madagascar a besoin du soutien de la communauté internationale et ne peut pas se permettre de les perdre » (citation au Monde).

À l’heure où la place du 13-Mai se remplit de toutes les générations venues saluer les militaires et la jeunesse rebelle, l’avenir politique du pays dépend de la capacité de ses acteurs à éviter une nouvelle plongée dans l’inconnu.

Source: extérieure

Le Soleil Bénin Info

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