Bordeaux, le 17 mai 2026
J’étais à deux pas de l’avion, vol Air France aux environs de 23h30 ce jeudi 14 mai 2026, quand Madame Rosine Hountinkpo, jeune belle-sœur du Recteur, m’a annoncé la nouvelle. Le Professeur Cossi Norbert Awanou, pilier et relais solide de mon père biologique Feu Antoine Allognon dans ma fabrication sociale, mon guide professionnel et administratif, s’était éteint.
De ma mission à l’extérieur, en coopération internationale avec les faîtières européennes pour l’UNESCO à Bordeaux, je présente à la famille biologique directe, aux enfants et aux épouses, les sincères condoléances de la Grande Famille Allognon, durement éplorée.
Le recteur qui m’a recruté 5 mois après son installation
En ma qualité de premier jeune cadre natif de Savalou à bénéficier d’un contrat de recrutement dès février 2007 auprès de lui à l’UAC, je veux dire ceci : Feu le Professeur Awanou ne gouvernait pas seul. Dès sa prise de service le 14 août 2006, il a associé les cadres natifs de Savalou à sa gouvernance au Rectorat.
Je prie la famille, au nom de tous ceux qu’il a associés dès les premières heures, de nous associer au processus funéraire. La grandeur de notre partition relève d’un impératif sociologique. Nous lui devons cela.
Un homme de sciences, un homme de terrain
Je l’ai rencontré pour la première fois en 2001 au MESRS, alors qu’il était Directeur de l’Office du Baccalauréat, en présence du Professeur Dorothée Sossa et du Professeur Marc Assogba. J’étais alors Président de l’Association des Étudiants de Savalou Centre, au lendemain d’un passage controversé du ministre à la FASEG.
Je l’ai retrouvé en juin 2006 à la CBRST, immeuble Soglo. Je lui disais : « Fofo, je cherchais à vous voir ». Il me répondit : « Je te cherchais aussi pour que tu m’aides à bien mobiliser les étudiants comme tu en as l’habitude ». Homme de sciences et pragmatique, il ouvrit son véhicule Mercedes et me remit sur-le-champ les moyens pour les actions médiatiques que je lui avais suggérées.
C’est ainsi que j’ai réalisé, depuis mon bureau du Secrétariat Permanent du FESCUAO, les saisies et multiplications de documents de campagne. C’est avec lui que j’étais au Parc des Princes à Godomey, l’avant-veille des élections, pour le dernier face-à-face médiatique avec le Professeur Michel Boco. Il m’avait remis des paquets de biscuits et de bonbons à distribuer aux enfants, et pour des questions de sécurité, je l’avais accompagné jusqu’à Calavi Kpota.
Le soir de la victoire et la remise des clés
Je n’oublierai jamais le jour de son élection effective, dans son bureau à la FAST. Nous étions quatre : lui-même, le Doyen Honoraire Mensah, un jeune étudiant d’Agonlin dont le nom m’échappe, et moi. Habillé en lain bleu ciel, Feu le Professeur Awanou attendait. Quand le Professeur Bigot est entré avec le score de 78 contre 28, il s’est écrié : « Héé j’ai gagné ! ».
Il me tendit son téléphone pour que j’appelle Charbel Aïhou sur Golfe FM et TV. Ce geste a mis en déroute l’équipe de fraude qui se fabriquait à la Salle des Actes. Le soir même, il était au JT de Golfe TV à 19h30. Mention spéciale au Professeur Etienne Ahouanka, alors Directeur Adjoint, qui m’avait rassuré sur le caractère démocratique de l’ENAM malgré le score serré de 11 contre 11.
Le jour de la passation de service à l’amphithéâtre de la FASEG, il rappela qu’il était jeune étudiant quand l’université se créait en 1971, sous une fine pluie. Puis il prit les clés du bureau des mains du Professeur Salifou Alidou et les déposa dans ma main. Direction son domicile à Calavi Aïtchédji-Jean Piaget.
Un père qui a ouvert des portes
En septembre 2006, trois semaines après, il me nomma membre de la Cellule de Communication du Comité du RESAO. À chaque fois, il m’associait. Le 7 février 2007, il m’appela : « Apporte ton dossier pour un recrutement ».
J’ai eu mon premier salaire cumulé fin mars 2007. À 33 ans, jeune marié et père de deux enfants, cela a oxygéné ma vie. Nous étions trois à bénéficier de cette confiance : Émile Houndeladji, Rachelle Hountinkpo et moi-même. Il m’accorda même deux semaines de congés pour préparer mon concours d’entrée au Ministère de l’Économie et des Finances.
Avec lui, le 14 septembre 2006, sous l’égide de Feu Adimi Biaou Pierre de Savè, la DPP du Ministère de la Culture valida le projet du FESTI’CO-Bénin. Il y accorda une attention particulière, avec moyens logistiques et présence physique aux côtés de Janvier Capo-Chichi, Boniface Vissoh, Désiré Adadja, Marcel Baglo, Feu Dominique Kake, et tant d’autres.
Un héritage ineffaçable
Feu Cossi Norbert Awanou est ineffaçable. Il n’y a pas, il n’y aura pas de gomme pour ses bonnes œuvres. Il demeure vivant, une éternelle flamme en nous.
Aujourd’hui, à 52 ans, actuel plus gradé de sa génération parmi les financiers natifs des Collines, je déclare ceci : la Grande Famille sœur Tchaou Aditi Avimafin Allognon vous doit des honneurs funéraires à la hauteur de vos mérites.
Gabin Allognon Ahogbédji
Administrateur des Services Financiers et Contrôleur Budgétaire
Ex DRFM du Ministère de l’Économie et des Finances
Ex DPAF du Ministère des Affaires Étrangères et de la Coopération
Actuel Contrôleur Financier du CES et de la HCJ
Président de la CACU, Vice-Président de la FMACU
Le Soleil Bénin Info



