L’ancien ministre délégué auprès du président de la République chargé de la Défense nationale, devenu l’un des plus farouches opposants au régime de Patrice Talon, a, depuis plusieurs années, tenu un discours constant, lucide et prémonitoire sur l’évolution du jeu politique béninois. Inlassablement, il avait prévenu : « Les Démocrates font fausse route. » Pour lui, la stratégie de ce parti d’opposition était vouée à l’échec dans un système verrouillé où les règles du jeu politique ne favorisent pas une véritable compétition.
Ses critiques, souvent jugées excessives ou pessimistes, trouvent aujourd’hui un écho retentissant dans la réalité. La récente décision de la Cour constitutionnelle confirmant l’invalidité du parrainage de Sodjinou Michel, entraînant le rejet du duo de candidats de Les Démocrates, vient illustrer, de façon éclatante, la pertinence de son analyse.
Comme si cela ne suffisait pas, le parti d’opposition traverse une crise interne profonde : six de ses députés ont claqué la porte, fragilisant davantage sa cohésion et sa crédibilité. Pendant ce temps, Candide Azannaï, fidèle à ses convictions, observe, serein, l’histoire dérouler le scénario qu’il avait déjà prédit. Le peuple béninois, lui, n’est pas dupe. Il voit, il écoute, il analyse.
Les citoyens mesurent désormais la justesse des positions et la cohérence des trajectoires politiques. Ils savent reconnaître la clairvoyance dans un paysage souvent dominé par l’émotion et la posture. Et, dans ce concert de désillusions et de volte-face, un nom s’impose, celui d’un homme qui n’a jamais varié dans ses principes : Candide Azannaï. L’histoire lui donne raison — non parce qu’il triomphe des autres, mais parce que la lucidité finit toujours par être reconnue.
Euphorie Gantin
Le Soleil Bénin Info



