De nombreuses voix se sont levées depuis le coup d’Etat du 26 juillet 2023, perpétré par le Général Abdourahmane Tiani et ses homme au Niger, pour réclamer la libération immédiate, sans délai et sans conditions du Président renversé Mohamed Bazoum et de son épouse Kadidja Mabrouk Bazoum, retenus en otage. La dernière en date est la résolution 2026/2642(RSP) du Parlement Européen du 12 mars 2026. Mais près de trois ans après, la junte continue de faire la sourde oreille et beaucoup se demande aujourd’hui pourquoi.
Depuis le coup d’Etat du 26 juillet 2023 perpétré par un groupe de mutins dirigé par le Général Abdourahmane Tiani, le Niger s’est inscrit dans une voie radicale et est demeuré inflexible sur un certain nombre de sujets qui impacte le vivre ensemble communautaire et même humanitaire : expulsion dans des conditions non conforme aux règles du Droit International de l’ambassadeur d’alors de la France en poste à Niamey, renvoi de contingents de l’armée française fraîchement stationnés au Niger, fermeture de la frontière terrestre avec le Bénin et sortie de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) sur fond d’accusations de déstabilisation du Niger par les forces étrangères et le comble de tout la détention arbitraire et la rétention en otages politiques du Président renversé Mohamed Bazoum et de son épouse Kadidja Mabrouk Bazoum depuis maintenant près de trois ans.
Une vague de solidarité mondiale
Pourtant, ce ne sont pas les appels pour réclamer leur libération qui ont manqué. Aux premières heures du coup d’Etat et de la crise politique et diplomatique qui en est survenue, les Chefs d’Etats et diplomates de la CEDEAO, de l’Union Africaine (UA) et de pratiquement tous les pays du monde ont élevé leur voix comme un seul homme pour exiger du Chef de la junte au pouvoir Abdourahmane Tiani la libération pure et simple du Président Mohamed Bazoum et de son épouse.
Les enfants et la famille tant biologique que politique des concernés et même les Nations Unions (UN) ne sont pas restés en marge de cette vague de solidarité mondiale en faveur de leur mise en liberté. Un collectif et un pool constitué d’avocats de haut rang et de haut vol est régulièrement monté au créneau pour le même exercice, mais Tiani n’a pas levé le seul petit doigt et continue de faire la sourde oreille sur le dossier.
L’exception nigérienne
Il est de coutume qu’après un coup d’Etat, le Chef d’Etat ou le Président de la République démis de ses fonctions par une junte militaire soit mis en liberté juste quelques temps après. Ce fut le cas en Guinée, au Gabon et au Burkina-Faso pour ne citer que des exemples survenus pratiquement dans la même période que le coup d’Etta perpétré par le Général Tiani et ses hommes au Niger.
A titre comparatif, le 5 septembre 2021, le lieutenant-colonel Mamadi Doumbouya, à la tête des forces spéciales guinéennes, a renversé le président Alpha Condé après 11 ans de pouvoir. Moins d’un an après, soit le 22 avril 2022, l’ancien président guinéen Alpha Condé avait été déclaré libre par la junte militaire.
Au Gabon, le coup d’État mené par le Général Brice Clotaire Oligui Nguema a eu lieu le 30 août 2023. Il a renversé le président Ali Bongo Ondimba, peu après l’annonce de sa réélection, mettant fin à 56 ans de règne de la famille Bongo. Ali Bongo a été déclaré « libre de ses mouvements » le 6 septembre 2023, quelques jours après le coup d’État du 30 août. Il a été autorisé par le général Brice Oligui Nguema à quitter le pays pour des raisons médicales, mettant fin à sa résidence surveillée immédiate.
Le coup d’État mené par le capitaine Ibrahim Traoré au Burkina Faso a eu lieu le 30 septembre 2022. Il a renversé le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, huit mois après le coup d’État de janvier 2022, invoquant une dégradation de la situation sécuritaire face aux attaques djihadistes.
Dans le cas burkinabé, Paul-Henri Damiba n’a pas été « libéré » par Ibrahim Traoré après le coup d’État du 30 septembre 2022. Il a en réalité démissionné le 2 octobre 2022 après des négociations, avant de s’exiler au Togo. Le capitaine Traoré l’a renversé, le remplaçant à la tête du pays, mais ne l’a pas retenu prisonnier pour ensuite le relâcher.
Ainsi, l’on est bien en droit de se questionner pour comprendre et savoir pourquoi Aboudourahmane Tiani retient comme un trophée de guerre le Président Mohamed Bazoum et son épouse.
Zek Adjitchè ALAFAÏ
Le Soleil Bénin Info



