Fin annoncée de la subvention du carburant au Nigeria: le prix du litre de « kpayo » flambe chez les vendeurs au Bénin

Au Nigéria, les prix du carburant ont doublé voire triplé ces dernières heures depuis l’annonce en début de semaine de la suppression des subventions dès la fin du mois de juin prochain par le nouveau président de la République, Bolla Tinubu qui avait prêté serment le 29 mai. Au Bénin, les effets sont ressentis par les béninois obligés de prendre le kpayo à 800fcfa voire 900 Fcfa. Une situation qui troue davantage le panier de la ménagère déjà alarmant. Ça préoccupe !

Sylvie Sounton

La goutte d’eau qui a fait déborder le vase a été la conférence de presse ce 30 mai de la NNPC, la Compagnie pétrolière publique nigériane, qui a annoncé un ajustement des prix de l’essence « en fonction des réalités actuelles du marché ».

Toute chose qui a semé la panique au sein des automobilistes et autres usagers qui ont pris d’assaut plusieurs stations-services dans certaines villes du pays pour s’approvisionner en carburant. Le litre d’essence est maintenant vendu à 557 nairas, soit 735 FCFA (1,2 dollar) contre 189 nairas, soit 250 FCFA (0,407 dollar) par le passé.

Comme conséquence immédiate, les Nigérians devront se préparer à des tarifs de transport plus élevés qui se fait déjà sentir sur certaines lignes de transport, à en croire des sources locales. Au Bénin, la situation a eu des répercussions désastreuses. Le prix du carburant kpayo a carrément doublé. Conséquences : toutes les stations sont prises d’assaut par les béninois. Dans un contexte où joindre les deux bouts pose problème pour un béninois moyen, débourser encore 900fcfa pour un litre d’essence kpayo, c’est un désastre.

Il faut relever qu’en 2012, les autorités du Nigeria ont échoué à faire supprimer la subvention au carburant face à la levée de bouclier de la population dans le tout le pays. Selon la NNPC, la Compagnie pétrolière publique nigériane, la subvention coûte 867 millions de dollars, soit 532 milliards FCFA (402,7 milliards de nairas) par mois au gouvernement.

Soulignons que même avec l’inauguration intervenue le 22 mai dernier de la raffinerie de pétrole de l’homme d’affaires le plus fortuné d’Afrique, Aliko Dangote, le Nigéria, premier producteur de pétrole brut d’Afrique, devrait patienter encore deux années pour atteindre l’autosuffisance en produits pétroliers raffinés. En effet, c’est à l’horizon 2025 que Dangote Oil Rafinery atteindra sa pleine capacité de production de 650 000 barils par jour, devant satisfaire le marché local et même exporté.

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