Gestion déléguée des entreprises publiques à l’ère de la Rupture : Talon a vu juste !

(Voici le piège que le Chef de l’Etat doit éviter)

À l’ère de la rupture, les Béninois découvrent de nouvelles expressions dans la gestion des affaires publiques : leasing, concession, gestion déléguée et affermage. Des expressions qui marquent la présence du privé dans les affaires publiques.

Une situation qui est la résultante de la mauvaise gestion de nos administrations par les cadres béninois.

Quartier Latin il y a quelques années, le Bénin est aujourd’hui classé parmi les pays les plus pauvres de la planète en dépit du nombre de cadres qu’il a enregistrés depuis les indépendances.

Les cadres béninois ont façonné l’histoire de nombreux pays africains comme la Côte d’Ivoire par exemple. En France, les médecins béninois brillent pour leur compétence dans leur discipline.

Qu’en est-il dans leur pays natal ? En effet, la Sobemap, le Port Autonome de Cotonou (PAC), la Sonacop, la Caia, la Sonapra, la Cnss, la Soneb, la Sbee et autres sont des entreprises publiques dont la gestion pose problème. Ces structures qui devraient permettre à l’État central de mobiliser les ressources pour financer le budget national sont devenues des vaches à lait pour alimenter les clubs électoraux perpétrant la pauvreté depuis des générations.

Le mal a atteint des proportions inquiétantes à tel point que les nouvelles autorités de la rupture ont décidé de confier la gestion de bon nombre d’entreprises aux privés. La Sbee, la Soneb, le PAC, la Sonapra et autres n’ont pas échappé à la décision du gouvernement de Talon. La mort dans l’âme, les Béninois découvrent de nouvelles expressions telles que leasing, gestion déléguée, concession, affermage qui consacre l’arrivée du privé dans les affaires publiques.

Le désert de compétence laisse petit à petit place à l’exportation de compétence. À qui la faute ? En tout cas, le ver est dans le fruit et les cadres béninois doivent tirer les leçons de ce gros échec.

Ne pas déplacer le problème

Patrice Talon et les membres de son équipe doivent faire très attention pour ne tomber dans le piège du secteur privé.

Des secteurs stratégiques comme le port, l’énergie ou la santé doivent être bien encadrés pour ne pas que la recherche du profit plombe les aspects sociaux. Il faudra tout en apportant des solutions aux problèmes des Béninois ne pas les empêcher d’avoir accès aux services sociaux de base.

Il faudra donc cadrer l’intervention du privé afin que le coût des prestations soit à la portée des couches défavorables. Il faudra également que des investisseurs béninois soient au cœur de la gestion des affaires des entreprises mise en concession.

Ce qui devrait amener à revoir les termes de référence des appels d’offres. En un mot, il faudra privilégier les opérateurs locaux.

Author: Charles

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