Il y aura toujours un oiseau pour crier

Depuis 1990, le Bénin est pillé par ses propres fils ou avec la complicité des multinationales. Nos valeurs culturelles de solidarité et de générosité sont abîmées pour que l’escroquerie devienne le lien structurant de nos rapports sociaux. L’argent est en train d’avilir notre être, nous marchons sur la tête et n’appréhendons la qualité humaine qu’à travers la monnaie, les possessions matérielles. C’est le capitalisme des pauvres. Il n’est pas moins ravageur que le capitalisme des riches.

Qu’on dépoussière tous les rapports d’audit depuis au moins 2006 et qu’on laisse la justice faire son travail. Alors nous allons applaudir les réformateurs d’aujourd’hui et désavouer les dictateurs du développement d’hier. J’attends ce jour avec ferveur pour comprendre les causes de notre sous-développement voulu et entretenu afin de réaffirmer ma citoyenneté pour mieux servir mon pays.

Pour l’heure, j’observe le nouveau paradigme de moralisation de la vie publique et la conception paradoxale que nous avons de la gouvernance locale.

Donald Trump, le président américain a-t-il raison de nous humilier chaque fois que l’occasion s’offre à lui? Je cerne sa logique : pour lui l’Afrique ne bouge pas malgré l’aide financière directe et via les institutions internationales! Point besoin de juger. Axelle Kabou a-t-elle raison de se demander si l’Afrique a-t-elle refusé le développement ? Laissons la polémique à ceux qui croient avoir réussi quelque chose pour l’Afrique. Il ne suffit pas de voir quelques immeubles dans les capitales pour croire à une Afrique qui se réveille, s’éveille et se relève. Il ne suffit pas de voir quelques km de routes nouvelles pour croire que l’Afrique avance sur le chemin de son développement. Est-ce qu’on peut se dire franchement la vérité ? Est-ce qu’on veut moins voler ou abandonner le vol? Est-ce qu’on se sacrifie sincèrement pour le bien commun et l’intérêt général ? Est-ce qu’on se soucie de la cohésion nationale?

Quand j’ai publié « la dictature du développement, un nouveau paradigme d’économie politique ou un chemin de l’égarement » en 2011, ceux qui ne l’ont même pas lu trouvaient que je soutenais le président de l’époque, alors que ce texte questionnait la capacité pour le docteur Yayi à commencer par être dictateur envers ses propres façons d’être et de faire avant de chercher à imposer le changement aux autres.

L’exemplarité n’est pas en dehors de la vérité incarnée.

Nous sommes jeunes États à la recherche de nos marques. Quel le système partisan qui nous caractérise, nous Béninois sachant que la politique ou politicité c’est polir la cité pour un mieux-être collectif? Est-ce que l’administration publique incarne l’intérêt général et pourquoi la corruption est-elle devenue une valeur noble dans nos sociétés avec un mode opératoire sans le moindre scrupule? Pourquoi nous recherchons l’impunité et l’arbitraire comme nos faire-valoirs? Est-ce que nous sommes capables d’organiser une élection présidentielle, des élections parlementaire et locale sans l’aide financière extérieure, des observateurs étrangers et sans ingénierie de la triche sauvage?

Le tourniquet continue d’arroser mais n’arrive point à déjouer les pronostics de la météo. Les herbes subissent le stress hydrique, hélas !

Indépendance, révolution, renouveau, changement, dictature du développement, rupture, nouveau départ… Ça ne fait pas trop tout ça ! On ne veut pas qu’on en parle! Mais alors, qui est en liberté réelle dans un pays africain ? Personne, car notre conception de l’État de droit est très opportuniste. Nous sommes tous des prisonniers en liberté mais pas des hommes libres. La liberté est d’abord un état mental. Je me rends compte d’avantage des raisons pour lesquelles notre niveau de créativité et de décollage est faible et empêche l’envol de notre pays.

Le recul de la bonne foi est devenu une pandémie. Observons-nous bien, le Benin s’appauvrit dangereusement en valeurs théologales : Foi, Espérance, Charité. Tout le monde est pressé de s’en mettre plein les poches. Et Dieu dans tout ça! A beau protéger nos arrières, nous aurons toujours des arriérés car la vie est un système d’endettement mutuel. Le reste n’est que vanité et vacuité. Nous partirons comme nous sommes venus.

Si vous voulez qu’un peuple se rebelle, devienne violent, c’est très simple la méthode : prenez l’habitude de lui faire peur

Author: Charles

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