Justice béninoise. Un de ses aspects obscurs et corruptifs à revoir

Quelles doivent être les conditions à  réunir par un procureur  ou ses  substituts avant de  délivrer un mandat de dépôt  contre des citoyens ? L’une des causes de l’existence de prévenus qui passent des temps anormalement longs dans les lieux de détention est le travail bâclé ou «dirigé contre autrui» effectué par des magistrats suite à des plaintes. Une situation qui assombrit ce secteur.

S’il y avait une statistique consultable et mise à jour par le ministère de la justice sur les cas de justiciables privés de liberté suite à des plaintes, mais dont les auteurs n’ont jamais été présents pour une confrontation avant délivrance de mandat de dépôt, chacun se ferait une idée de la gravité de la situation.

Ne dit-on pas qu’en cas de doute, c’est le prévenu qui en profite ? Vendredi dernier, nous étions à Ouidah pour nous intéresser à la situation sanitaire du quartier lorsque nous avons  été interpellés  par un  riverain ayant été victime de ce qu’il a appelé « abus de pouvoir » de la part d’un juge. De quoi fut-il question ? L’homme serait en concubinage avec une femme  qui lui aurait caché sa relation maritale avec un autre homme. Et lorsque ce dernier avait appris l’existence de l’intru qui est notre source, plainte avait  été déposée  auprès d’un  juge.

Pour…viol. Convocation lui fut adressée Mais  le  jour  où  il  avait  répondu à  la convocation, après que le substitut du procureur l’avait chargé et avait affiché son penchant pour le plaignant,  le juge  avait  tenté de  joindre  ce dernier. Mais son téléphone était inaccessible. Sauf que le juge a  délivré un mandat de dépôt contre lui, sans plus. Et bien que le plaignant n’ait pas été confronté à l’accusé. Nous  avons  appris  qu’une  convocation adressée à un autre par un substitut du procureur sur la semaine prochaine. Et selon des indiscrétions, tout serait mis en oeuvre pour qu’un mandat de dépôt soit délivré contre lui. Or, il se trouve que le  plaignant,  après  avoir  porté  plainte   et convaincu le juge, serait retourné en Europe où

il vit. Serait-il possible que  ce juge accède à la demande du   p laignant  sans  qu ’il  y  ait confrontation ? Ces deux situations sont loin  de révéler toutes  les  victimes  de   mandats  de  dépôt fantaisistes du fait des humeurs de substituts et autres procureurs.  Et  ceci,  sans  qu’un  juge d’instruction n’intervienne. Des béninois ont ainsi été privés de jours, mois et années de liberté pour enfin sortir de prison sans avoir été jugés ou condamnés.

Il nous revient que parmi les nouveaux magistrats  qui ont intègré le  corps  ces derniers temps, on observe les mêmes pratiques. Le code de procédure pénale instruit-il le juge à délibrer de mandat de dépôt sans que le plaignant ne soit présent  et  sans  initier  de confrontation ? Si nous avons ouvert cette boîte de  Pandore, c’est pour que la hiérarchie renseigne le citoyen béninois sur ce que dit le droit. Parce que dans bien des cas, il est avéré que les motifs invoqués pour justifier une plainte sont souvent  biaisés, le  plaignant  tenant vaille que vaille à faire du mal à autrui.

Parfois, il va jusqu’à intéresser le juge afin  que  celui-ci  fasse  preuve  de partialité et accède à sa demande.

La  liberté  est  la  règle,  la détention, l’exception. Mieux, il est dit que  le  juge  d’instruction  instruit  à charge et à décharge, ce qui signifie qu’il  doit  ramener  des éléments  de preuves qui lui permettront à la fin de son instruction de considérer s’il y a ou non des charges suffisantes contre une  personne.  A défaut,  il rend une ordonna nce  de   non -lieu.  Mais entretemps,  le  prévenu  aura  passé des mois voire des années parfois en détention. Cette situation doit prendre fin   a fin  ainsi  que   les  p laintes fantaisistes. Pour une bonne raison. Il y a des procureurs et substituts qui maitrisent  l’art de ne pas  donner de   suite   à   des  plaintes.  Tout simplement parce que celui contre qui la  plainte  est  déposée  serait  un proche. Ou alors, la tête du plaignant est moins agréable à voir que celle de la personne contre laquelle on a porté plainte. Le ministère de la Justice a tout intérêt  à   dire  au x  plaignants  la procédure à adopter pour faire aboutir leurs  plaintes. Autrement,  ces  deux situations  feront  toujours  dire  aux justiciables  que  c’est  au  nom  de  la corruption que  le juge reste atone  et sourd.  Et  pourtant,  il y  aurait  de  la matière à faire instruire si les sentiments et autres partis pris étaient mis de côté.

Mais il existe un article dans le statuts des magistrats du Bénin derrière lequel les procureurs et autres substituts se   cachent  pour  agir  selon …la hiérarchie. Comment un procureur doit-il  recevoir  les  instructions  de  sa hiérarchie  avant  d’agir ?  Cette disposition sert parfois de paravent à des  juges  pour tordre  le cou  au bon sens. Au motif qu’ils auraient reçu des instructions ; alors qu’en réalité, aucune hiérarchie  ne  les  a instruits.  D’où l’urgence  pour  le  ministère  de  faire connaître  au grand  public,  et  surtout aux « chiens de garde » que sont les médias, les voies et moyens pour aller au-delà de ces blocages et autres abus de certains juges.

Author: Charles

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