Le président Patrice Talon après plus d’un an de gestion à la tête du pays a déjà limogé plusieurs cadres qu’ils soient de l’armée ou d’autres secteurs de la vie socio-politique. Le même phénomène s’était déjà reproduit lors de la décennie de gouvernance du régime de Boni Yayi. On est alors en droit de se demander qu’est-ce qui pourrait expliquer cette multitude de limogeages ? L’administration publique en effet est encore perçue par beaucoup de Béninois comme une vache à lait. Pour des espèces sonnantes et trébuchantes, beaucoup de cadres seraient prêts à vendre leur âme aux diables.
Vu le nombre important de candidatures lors des concours d’entrée à la fonction publique, il ne faut pas faire l’erreur de croire que c’est toujours par amour de la patrie que beaucoup de Béninois aspirent servir l’État. Pour la plupart d’eux, faire saigner les caisses de l’État serait la principale motivation. On n’est donc pas étonné qu’à la fin ; beaucoup sont limogés pour faute grave.
Construire une administration de qualité
La décision du Président de la République de faire de l’excellence une priorité en 2018 est une décision salutaire, mais n’aura aucun effet pour les personnes qui n’aspirent nullement être meilleures. C’est pourquoi la construction d’une administration de qualité doit se préparer dans la manière dont sont organisés les concours d’entrée à la fonction publique.
Un système de recrutement proche de celui fait par le secteur privé pourra permettre d’avoir des fonctionnaires compétents à la tête du pays. Il est également important d’améliorer les rémunérations des agents de l’État afin d’empêcher ceux-ci de détourner les fonds publics. L’autre chose serait surtout de renforcer le secteur privé afin d’éviter de faire du secteur public le principal pourvoyeur d’emplois.



