Les milliards de FCFA en souffrance chez Komi Koutché

(Tout en restant intraitable face à ce cas historique, voici le piège que Talon doit éviter)

Le dernier ministre de l’Economie et des Finances du régime défunt Komi Koutché pour ne pas le nommer s’est rendu coupable de maintes prévarications lors de son passage au gouvernement. Sur son implication dans plusieurs scandales financiers, point de place au doute. Mais en dépit de tout ce qui pèse sur l’homme en termes de compromission, le gouvernement adopte une allure de tortue pour amener Komi Koutché à répondre de ses actes.

Il a fallu attendre quinze longs mois après l’avènement du nouveau gouvernement avant que le conseil des ministres ne le cite dans officiellement dans un dossier, en l’occurrence le dossier relatif à la dilapidation de 125 milliards de francs cfa de recettes cotonnières. C’était le 28 juin dernier où les membres du gouvernement réunis en conseil des ministres ont pris connaissance des résultats des audits du cabinet Mazar ayant conclu à la prévarication. Mais depuis l’eau a coulé sous le pont.

Et c’est tout comme si rien de grave ne s’est passé. Pire, le principal mis en cause Komi Koutché a comme à son habitude nargué le gouvernement. En effet, dans un message publié sur les réseaux sociaux, Komi Koutché a mis au défi le gouvernement du président Talon de lancer la moindre poursuite judiciaire à son encontre. “Je garde un rapport sain avec ma conscience quant à ce que mon équipe et moi avons accompli en 19 mois à la tête du ministère de l’Economie et des Finances de notre pays” avait-il fait savoir sur sa page Facebook invitant les uns et les autres à “garder le silence et le calme car la sagesse reste la récompense du temps que l’on utilise pour écouter et observer alors que l’on aurait préféré utiliser le même temps pour parler” avait-il lancé à qui veut l’entendre.’’ Je reste convaincu que vous ne serez pas déçus de ce qui va se passer dans ce feuilleton que nos autorités ont choisi de faire passer.

J’attends la signification de la convocation et les chefs d’accusation puis nous aviserons en son temps. L’agenda de Dieu est différent de l’agenda des hommes’’ avait-il menacé insistant qu’il ne se reproche rien. Pourtant, cette affaire de dilapidation de 125 milliards de franc cfa n’est qu’une infirme partie de la montagne de fonds de détournement dans lesquels Koutché est impliqué.

Le piège que Talon doit éviter !

Un piège guette le Président Talon et les membres de son gouvernement. Il s’agit de la perception que se feront les béninois sur les poursuites judiciaires engagées contre les prévaricateurs comme Komi Koutché. Sachant que c’est un homme politique, l’exécutif court  le risque d’être accusé de règlement de compte politique si Komi Koutché et ses acolytes venaient à être inculpés à l’approche des élections législatives de 2019. C’est donc maintenant ou jamais  que le gouvernement doit agir pour tirer cette affaire au clair.

Si cela se fait à l’approche de 2019, alors les partisans de Koutché diront que c’est pour barrer la route à un adversaire politique. Le mieux à faire, c’est d’y aller tout de suite afin de ne pas donner l’occasion aux pêcheurs en eau trouble de trouver à dire et à redire sur l’issue de cette affaire ténébreuse à forte odeur de détournement. C’est que le  conseil des ministres du 12 juillet passé a entendu le compte rendu du Garde des Sceaux, Ministre de la Justice et de la Législation sur la transmission au Procureur de la République des dossiers relatifs aux résultats des audits des campagnes cotonnières mettant en cause certaines personnalités dont Komi Koutché, mais toujours est-il que la fumée blanche tarde à sortir de la cheminé.

C’est bien que le même conseil des ministres a pris acte du compte rendu du Ministre Joseph Djogbénou et l’a instruit aux fins de veiller à ce que tous les documents relatifs à ces affaires soient transmis à la justice. Ce qui reste à faire à présent, est de travailler à l’accélération dans la procédure.

Car, l’expérience a montré qu’au Bénin, c’est la lenteur dans la conduite des dossiers, qui est l’arme fatale pour tuer les dossiers de détournement. En tout état de cause, le Chef de l’Etat doit éviter que ces affaires de prévarication traînent au point de tomber dans les périodes électorales où il pourrait être accusé à tort ou à raison de conspiration.

Author: Charles

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