Lutte contre les dérives autoritaires en Afrique de l’Ouest: un défi majeur pour la CEDEAO

La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a tenu son 68e sommet à Abuja, au Nigeria, le 14 décembre 2025, pour discuter des crises politiques en Guinée-Bissau et au Bénin.

Les chefs d’État de la région ont affiché une position ferme contre les coups d’État et les tentatives de prise de pouvoir anticonstitutionnelles, mais les observateurs estiment que l’institution doit aller plus loin pour lutter contre les dérives autoritaires en Afrique de l’Ouest.

La CEDEAO a menacé d’imposer des sanctions ciblées contre les individus ou groupes de personnes qui entravent le processus de transition en Guinée-Bissau, suite au coup d’État du mois dernier.

Le président de la Commission de la CEDEAO, Omar Alieu Touray, a déclaré que les autorités imposeront des sanctions ciblées aux individus ou groupes de personnes qui entravent le processus de transition. Cette décision est une réponse à la prise de pouvoir par les militaires en Guinée-Bissau, qui a suivi l’élection présidentielle contestée de novembre 2025.

Bénin: une réaction rapide et coordonnée

La CEDEAO a salué la réaction rapide et coordonnée des Forces armées béninoises face à la tentative de coup d’État du 7 décembre 2025. Le président sierra-léonais, Julius Maada Bio, a déclaré que la CEDEAO ne transigera pas sur la gouvernance démocratique. Cette réaction rapide a permis de déjouer le coup d’État et de maintenir la stabilité dans le pays.

Niger: libération de Bazoum, une attente toujours vive

Les observateurs soulignent la rapidité de la CEDEAO dans le cas du Bénin, mais attendent la même réactivité pour la libération de l’ex-président nigérien, Mohamed Bazoum, toujours détenu par la junte militaire au pouvoir. La CEDEAO a déjà imposé des sanctions contre le Niger, mais les observateurs estiment que cela ne suffit pas pour faire pression sur les autorités militaires pour libérer Bazoum et rétablir la démocratie.

Les dérives autoritaires en Afrique de l’Ouest

La CEDEAO doit être plus ferme contre les dérives autoritaires en Afrique de l’Ouest, notamment contre les tentatives de modification des constitutions pour permettre aux chefs d’État de se maintenir au pouvoir.

Les exemples de la Guinée, du Mali et du Burkina Faso, où les militaires ont pris le pouvoir, montrent que la région est confrontée à une crise de gouvernance démocratique. La CEDEAO doit prendre des mesures plus fortes pour prévenir ces dérives et promouvoir la démocratie et la stabilité dans la région.

Euphorie Gantin

Le Soleil Bénin Info

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