Dans la polémique qui agite actuellement l’Église du Christianisme Céleste, la voix d’Anna Teko a été réduite à quelques secondes sorties de leur contexte. Sur les réseaux sociaux et dans des audios WhatsApp, circule cette phrase : _« C’est faux, nous n’avons aucune preuve que c’est le Saint-Esprit qui l’a choisi. ». Isolée, elle a suffi à déclencher des injures, de la haine et une campagne visant à discréditer l’artiste. Pourtant, l’écoute de l’intégralité de son intervention démontre une tout autre intention à savoir celle d’appeler à la vérité, au respect et à l’unité.
Lors du débat, une personne affirmait que le Pasteur Emmanuel serait nécessairement celui qui a été choisi par le Saint-Esprit, en raison du nombre d’années de pastorat. C’est à cette affirmation précise qu’Anna Teko a répondu. Elle a simplement exprimé une conviction personnelle à savoir que la durée d’un ministère ne peut pas à elle seule constituer la preuve d’une élection divine. Pour elle, ce sont plutôt la qualité des œuvres et les fruits produits qui témoignent, avec le temps, de l’appel de Dieu sur une vie. Elle a d’ailleurs précisé que cette même analyse vaudrait pour le Pasteur Adeogoun ou pour tout autre responsable. Il ne s’agit donc nullement d’une attaque ciblée, ni d’un manque de respect, mais d’une position doctrinale exprimée dans le cadre d’un débat sur l’avenir de l’Église.
Au-delà de cette réponse, le cœur du message d’Anna Teko est ailleurs. Elle a tenu à saluer l’opportunité offerte actuellement par le Facilitateur, l’ancien Chef de l’État, pour rassembler toutes les tendances de l’Église. Elle considère cette démarche non pas comme une menace, mais comme une grâce et une occasion historique de mettre fin aux divisions. Son souhait est de voir une Église véritablement unie, mieux organisée et mieux structurée. Pour cela, elle n’a pas eu peur de poser un diagnostic lucide. Selon la chantre de l’éternelle, trop de personnes ont fini par transformer l’Église en une affaire personnelle, voire en un business personnel. Et c’est précisément cette situation qui explique, selon elle, les résistances face à toute volonté de réorganisation. Car lorsque le désordre profite à certains, remettre de l’ordre dérange forcément des intérêts.
Anna Teko rappelle également qu’elle s’exprime en tant que fidèle à part entière. Elle rejette l’idée selon laquelle, parce qu’elle est une femme et une chanteuse, elle ne devrait pas donner son avis sur l’avenir de la maison de Dieu. Tous les enfants de l’Église sont concernés par son unité et sa mission. Face aux audios de haine et aux injures qui circulent contre elle, elle choisit de ne pas répondre par la haine. Mais elle rappelle aussi que nous vivons dans un État de droit, où la diffamation et les atteintes à l’honneur ont des conséquences.
Le moins qu’on puisse dire, c’est que le message complet d’Anna Teko est cohérent et apaisé. Son seul objectif est de contribuer, à son niveau, à une Église du Christianisme Céleste unie, structurée et fidèle à sa mission. En saluant la démarche du Facilitateur et en appelant au débat respectueux, elle ne divise pas. Elle rassemble. Il est donc temps que les discussions sur la réunification se fassent dans la vérité et la paix, et non sur la base de montages destinés à embrouiller l’opinion.
Sylvie Sounton
Le Soleil Bénin Info



