Depuis 2016, le gouvernement a décidé de voir clair dans les opérations de lotissement ou de remembrement urbain en vue de prendre de nouvelles mesures. Le secteur, gangrèné par des maux, avait besoin d’une thérapie de choc.Malheureusement, l’habitude étant une seconde nature, des esprits malins ont voulu faire échouer la réforme, n’eût été la vigilance du gouvernement.
Patrice Talon et les membres de son gouvernement veillent bien au grain conformément aux dispositions de l’arrêté interministériel de l’année 2023 portant mesures spéciales ad’hoc d’achèvement et de clôture des opérations de lotissement ou de remembrement urbain en République du Bénin. C’est la remarque pertinente qu’il convient de faire après le conseil des ministres de ce mercredi 06 décembre 2023 dont les travaux ont permis d’annuler 635 dossiers de lotissement ou de remembrement urbain sur les 810 dossiers traités.
C’est étonnant que malgré toutes les bonnes dispositions prises par le gouvernement pour relancer ces opérations dans les communes, le processus soit toujours mal conduit et cette fois-ci au grand mépris du cadre réglementaire tracé par le gouvernement. Pourtant, les directives étaient claires et précises afin que le Bénin ne retombe pas dans les mêmes travers comme ceux qui font le lit à des conflits fonciers dans nos différentes communes.
En dépit des nouvelles mesures et malgré que le gouvernement ait déclaré que les géomètres défaillants seront sanctionnés, des irrégularités monstres ont été constatées et signalées par le comité national de supervision des travaux de lotissement. Il y a par exemple des lotissements qui ne répondent à aucun enjeu d’urbanisation. Ceux-ci ont pris en compte de très grandes superficies agricoles, a noté le conseil des ministres du mercredi dernier.
Il y a aussi des extensions au proportions très élevées dont les limites ni l’opportunité ne sont guère appréhendées. Le conseil des ministres a également relevé sur la base du rapport du comité national de supervision des travaux de lotissement que ces opérations de lotissement englobent des zones humides non constructibles, ce qui est un piège pour les populations car entraînant du coup l’installation des populations dans des secteurs impropres à l’habitation.
Devant un travail aussi médiocre et bâclé, le gouvernement a pris la bonne décision qui se révèle d’ailleurs la plus judicieuse. Dans certaines communes comme la commune de Zè, les populations ont levé la voix pour contester sérieusement ces travaux de lotissement ou de remembrement urbain qu’elles avaient trouvés anormaux et iniques. Le gouvernement vient de donner raison à toutes ces populations qui suspectaient un désordre bien organisé dans le processus.
Mais le gouvernement ne doit pas s’arrêter en si bon chemin puisqu’il est clairement établi que certains acteurs ont décidé de saboter la réforme foncière initiée pour mettre fin à l’insécurité foncière au Bénin. Si les travaux de lotissement ou de remembrement urbain ont été repensés, c’est pour mettre fin aux désordres qui existaient étant donné que les prescriptions minimales en la matière étaient bafouées.
Pourquoi recommencer avec les mêmes habitudes si ce n’est pas une volonté manifeste d’hypothéquer la réforme en cours et faire échouer le président Patrice Talon qui maîtrise pourtant les problèmes du secteur. Alors, le gouvernement doit mettre en application les sanctions prévues par les textes pour décourager les acteurs qui ont choisi de servir leurs intérêts égoïstes plutôt que de travailler dans l’intérêt supérieur de la nation et de servir la République.
P.G
Le Soleil Bénin info



