La CEDEAO a beaucoup de chances de prospérer. Sur le plan de l’intégration économique et technique, des pas importants sont faits. Je me réfère aux institutions économiques, financières, banquières et judiciaires qui sont fonctionnelles actuellement. La CEDEAO a des chances de prospérer si tout est mis à plat pour résoudre les problèmes politiques.
Il faut reformer la CEDEAO, qu’elle devienne réellement une communauté de populations intégrées. Je ne veux pas utiliser le thème de la CEDEAO des peuples, non ! Il faut admettre la Mauritanie comme membre à part entière, accepter ensuite les États associés qui ne sont pas nécessairement de la région : le Maroc par exemple. Que les intérêts des États soient bien compris et scellés par une union sacrée.
Une union sacrée n’est pas une parole vide. Elle était pratiquée dans le passé par nos ancêtres. Il faut y revenir. Il faut poser les bases des réformes profondes et planifier leur exécution. Ces réformes doivent faire l’étude d’experts. Les trois pouchistes ont pris des mesures conjoncturelles.
Des mesures caporalistes, impopulaires, antidémocratiques. Les sauts d’humeur du militaire pouchiste ne peuvent jamais prospérer. Si l’union sacrée entre les États de la CEDEAO est respectée dans 2 ou 6 mois, les acteurs économiques de ces pays vont commencer à gémir. L’espace économique étroit qu’ils constituent ne peut faire prospérer l’économie.
Il faut faire un rappel historique.
La CEDEAO est née par la volonté de trois généraux. Le général Gowon du Nigeria, le général Kérékou du Dahomey, le général Yademan du Togo. S’ajoute à cette liste plutard, le général Lamizana de la Haute Volta. En effet, le Nigeria venait de sortir de la guerre civile. Certains États de l’Afrique de l’Ouest ont joué un rôle dans cette guerre, à savoir : La côte d’Ivoire. La condition posée par le Président Houphouët Boigny, c’est qu’on ne touche pas à son conseil de l’entente.
Le Sénégal de l’académicien Senghor a vite été convaincu et plusieurs autres. Et c’est en 1975 que la CEDEAO a été fondé sur les fonts baptismaux avec son siège à Lagos. J’ai été témoin de cette histoire, car en 1971 j’assistais mon Patron, le feu Cyril SAGBO qui était chargé d’affaires du Benin au Nigéria. Nous y étions affectés tous les deux en février 1971 pour rouvrir notre ambassade.
Je porte ce témoignage en temps que cadre diplomatique du Bénin qui connaît quelque peu les textes fondamentaux de la CEDEAO. Les communautés des populations de L’Afrique de l’ouest peuvent compter sur leur intégration progressive ( libre circulation des personnes et des biens).
Ambassadeur,
Hounsou Patrice HOUNGAVOU.
Le Soleil Bénin info



