Il y a quelques jours, le chef de l’État a apporté des modifications au décret de nomination des préfets. Ce fait loin d’être anodin doit être analysé en tenant compte du management politique du président Patrice Talon qui, depuis son avènement à la tête du Bénin en 2016, a toujours pris le soin de s’assurer d’abord de l’existence du cadre légal de ses actions. Un légaliste pur-sang comme lui a certainement envie de confier les douze départements du Bénin à des préfets plus expérimentés.
PG
Qu’est-ce qui a est à la base de la volonté du chef de l’État à modifier le décret portant nomination des préfets ? En considérant le nouveau décret n’importe qui ne peut plus être nommé préfet. Il faut être dorénavant un haut fonctionnaire de l’État nanti d’une expérience d’au moins 10 ans au lieu de 5 ans dans l’ancien décret.
Au cas où, on se serait pas un haut fonctionnaire ou qu’on n’est pas de l’administration publique, le nouveau décret précise qu’il faut avoir un niveau et une qualification équivalents. Ce n’est pas les préfets seuls qui sont concernés par les nouveaux critères de nomination mais aussi leurs collaborateurs comme les conseillers financier, juridique et les secrétaires généraux qui doivent également avoir au moins dix ans d’expérience pour être nommés de même que les chargés de mission.
Il faut noter à première vue que ces modifications apportées par le chef de l’État visent sans doute à parachever l’inédite réforme de la décentralisation et de l’administration territoriale qu’il a amorcée et qui a favorisé dans les mairies, l’installation des secrétaires exécutifs et autres nouveaux cadres. Cette réforme recèle, à n’en point douter, des tâches professionnelles et administratives plus exigeantes que celles d’hier.
Alors, les cahiers de charges des préfets et de leurs collaborateurs ne devront plus les mêmes. A situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle, dit-on.Au regard des nouvelles ambitions du gouvernement et des résultats attendus eu égard à la mise en œuvre de ladite réforme, il faut obligatoirement des cadres plus aguerris pour combler les attentes du chef de l’État. Il faut donc observer que les préfectures ont dorénavant un rôle de premier ordre à jouer pour garantir efficacement le succès de la réforme.
Le chef de l’État épris de développement a décidé alors d’adapter la gestion des départements à la hauteur de la réforme de la décentralisation et de l’administration territoriale que son gouvernement a initiée. Il y a donc forcément un grand coup de balai qui se prépare par le président Patrice Athanase Guillaume Talon.



