Le débat sur le vote par les députés du nouveau code électoral continue de faire couler beaucoup d’encre et de salive. Dans un entretien accordé au quotidien Le Soleil Bénin info, l’actrice politique et membre du bureau politique de l’Union progressiste le renouveau, Annique Djimadja livre ses observations et analyses. Pour la secrétaire permanente à la communication du parti, l’heure est désormais aux grands ensembles avec le vote de ce nouveau code électoral.
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Le Soleil Bénin: Que comprendre des modifications apportées au nouveau code ?
Annique Djimadja: Notre pays dispose d’un nouveau code électoral depuis le 05 mars dernier et qui consacre les modalités et conditions d’organisation des élections. Il faut reconnaitre que les députés ont fait un travail remarquable qu’il est nécessaire de comprendre afin de ne pas être victime d’intoxication ou désinformation. Il est utile de rappeler que ce code a été voté à 76 voix pour, signe d’adhésion d’une large majorité à la volonté de préserver les acquis démocratiques.
Quelques amendements majeurs au code qui méritent qu’on s’y penche : L’article 40 nouveau qui dispose que la déclaration de candidature est présentée 60jours avant la date du scrutin, pour l’élection des députés à l’assemblée nationale, 75 jours avant la date de scrutin pour les conseillers communaux et 180 jours avant la date du 1er tour pour le duo présidentiel; cet article nouveau règle le problème de légalité, de l’égalité et de légitimité politique des parrains-maires, entre les députés maires et entre les députés eux-mêmes. Vous n’êtes pas sans savoir, que cette question a été l’objet d’une saisine de la cour par un citoyen.
Article 132 : qui dispose que nul ne peut être candidat aux fonctions de président de la République ou de vice-président de la république s’il n’est dûment parrainé par un nombre de députés et ou maires correspondant à au moins 15% de l’ensemble des députés et des maires et provenant d’au moins 3/5 des circonscriptions électorales
Article 146 : Seules sont éligibles à l’attribution des sièges les listes ayant recueilli au moins 20% des suffrages valablement exprimés dans chacune des circonscriptions électorales….
En résumé, il convient de retenir un certain nombre d’acquis à l’actif de ce nouveau code. Le renforcement du système partisan : En effet, l’une des innovations de cette nouvelle loi est qu’il est un instrument qui replace les partis politiques dans leur rôle d’acteurs de la gouvernance et d’animateur de la vie politique.
La plupart des dispositions de ce code confortent à la fois les partis politiques mais également les populations puisque les innovations qu’elles apportent permettront de prendre en considération de façon générale les préoccupations des populations. La nouvelle loi dispose que désormais pour être qualifiée à la répartition des sièges à l’AN, chaque parti doit réunir au moins 20% de suffrage dans chaque Circonscription électorale. Ce faisant la loi oblige les partis politiques aspirant à représenter nos populations à ne plus se contenter du minimum requis de leur fief mais de travailler à obtenir 20% dans chacune des 24 circonscriptions électorales.
Ce qui n’est rien d’autre qu’une démonstration de la couverture ou de l’ancrage national des partis. Ce qui oblige les partis politiques à se préoccuper des attentes des populations de chaque circonscription électorale. Ce qui n’était pas le cas autrefois. Cet amendement s’appliquant à toutes les formations politiques qu’elles soient de la mouvance ou non, permet de responsabiliser davantage les partis dans leur rôle légitime d’acteurs de la gouvernance politique et publique.
Evidement, ceci impose un certain nombre de sacrifice soit de travailler davantage afin d’être un parti très fort partout à la fois ou d’aller en accord avec un autre aux fins d’obtenir les 20% dans les CE qui ne vous sont pas favorables ; stabilité politique grâce à la disparition ou la régression de la transhumance ou le nomadisme politique
Pourquoi la charte des partis politiques interdit des alliances ?
Ensemble on est plus fort dit-on, les nouvelles exigences du nouveau code obligent les élus et les militants à la fidélité à leur parti politique à travers les conditions de parrainage qui imposent qu’aucun élu député ou maire ne peut parrainer autre candidat que celui de son bord politique. Cette disposition met fin aux débauchages tous azimuts et au commerce électoral de tous genres.
Ce qui confortera davantage les partis les plus forts et obligera les moins forts à se mettre ensemble sauf à disparaitre. La conséquence directe est en effet la fin des micros partis. Le Bénin a connu une telle avancée qu’il ne faut jamais envisager une remise en cause de ses acquis. Nous devons veiller à la constitution de grands ensembles. Le peuple doit être vigilant et ne pas se laisser piéger par les nostalgiques de l’époque où le Bénin avait plus de deux cents partis politiques.
Le nouveau code garantit-il l’inclusion lors des prochaines joutes électorales?
Il est à noter que les amendements apportés s’appliquent à la fois aux partis de la mouvance que ceux de l’opposition et ne comportent aucune once d’exclusion. Bien au contraire, elle offre la possibilité d’une concurrence politique à l’opposition dans des conditions légales et équitables.
Par ailleurs l’obligation d’avoir au moins 20% des suffrages dans chacune des circonscriptions électorales fera disparaître la perception de parti du sud ou du nord, toute chose qui ne concoure pas à la consolidation de l’unité nationale.
Le parti ne sera plus non seulement l’otage d’un seul leader ni d’une seule région donnant l’impression que le pays est divisible en zone de gouvernance selon les fiefs des partis politiques ou de leurs leaders ; toutes les parties prenantes gagneraient à s’approprier ce nouveau code et à le promouvoir car c’est l’idéal pour notre pays. Lorsqu’on aspire à conquérir le pouvoir et à l’exercer, l’on doit d’abord commencer par conquérir la Circonscription électorale.
Le Soleil Bénin info



