Dans un régime présidentialiste comme celui du Sénégal, de l’esprit de la cinquième république française, le Premier ministre constitue un véritable fusible pour le chef de l’Etat. Certes, le président de la République Bassirou Diomaye Faye doit essentiellement son élection à son Premier ministre, mais la situation qui provoque une position d’un Premier ministre envahissant, pour ne pas dire dominant, est partie pour créer des difficultés.
L’exposition trop marquée du Premier ministre, aux côtés d’un chef de l’Etat qui se met en retrait, sera à terme fatale à Ousmane Sonko. Il constitue la cible de tous les mécontentements et aspérités, et il risque de finir par donner l’impression que «le problème, c’est Ousmane Sonko». Surtout que le président Faye reste courtois avec les autorités religieuses et coutumières, avec tout le monde peut-on même dire, au moment même où le Premier ministre multiplie les foyers de tension et les petites querelles avec les médias, les activistes, la classe politique et les milieux économiques et sociaux.
Et, sans le moindre égard pour le principe de la séparation des pouvoirs, il s’autorise à annoncer «balayer la Justice» ! Plus Bassirou Diomaye Faye se montre passif et en retrait, plus Ousmane Sonko prend de l’espace et ne semble se fixer des limites, et pousse le bouchon jusqu’à faire des intrusions grossières dans les domaines comme la diplomatie et les questions militaires. Comme pour montrer qu’il est le véritable «Patron» ! Un Premier ministre ne saurait durablement demeurer le «chef» d’un président de la République qu’il aura même fait élire !
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