Présidentielle 2026: l’ex président brésilien, Bolsonaro risque l’inéligibilité…

A peine huit mois après sa défaite électorale, l’ancien président brésilien d’extrême droite Jair Bolsonaro risque l’inéligibilité pour le scrutin de 2026.

L’ancien chef de l’Etat (2019-2022) est poursuivi par le Tribunal électoral supérieur (TSE) pour s’en être pris à la justice électorale et avoir critiqué, sans preuve, la fiabilité du vote électronique, quelques mois avant les élections remportées par son rival de gauche Luiz Inacio Lula da Silva.

Lors d’un discours en juillet 2022 au palais présidentiel, il avait déclaré devant des diplomates européens vouloir « corriger des failles » dans le système électoral et demandé la « transparence » du vote. « Nous avons le temps de résoudre le problème, avec la participation des forces armées », avait-il lancé en accompagnant d’une présentation PowerPoint son discours, diffusé en direct par la télévision publique.

Pour ces propos, M. Bolsonaro, 68 ans, pourrait être déclaré « inéligible » à des mandats publics pendant huit ans. Le parquet le poursuit pour « abus de pouvoir politique et usage indu des moyens de communication ». Le leader d’extrême droite avait attaqué sans la moindre preuve matérielle le vote électronique, un système bien connu au Brésil puisque le géant latino-américain y a recours depuis plus de 20 ans.

Durant toute sa campagne, il avait agité le risque de fraude, attisant la colère de ses partisans les plus radicaux qui, le 8 janvier, quelques jours seulement après l’entrée en fonction de Lula, avaient attaqué les sièges des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire à Brasilia. Des scènes d’émeutes et de saccage au cœur de la démocratie brésilienne, qui avaient choqué à travers le monde.

Selon une source judiciaire, le dossier est si accablant pour M. Bolsonaro que la question est surtout de savoir « combien de votes contre » seront émis parmi les sept juges.

La droite brésilienne en passe de se fracturer
Ce rendez-vous judiciaire est lourd d’enjeux pour le camp bolsonariste aussi. En cas d’inéligibilité, la droite brésilienne, qui représente à peu près la moitié des électeurs, pourrait se fracturer, selon des analystes. M. Bolsonaro avait réuni plus de 58 millions des voix au second tour de 2022 et perdu avec seulement 1,8 % d’écart face à Lula. Les partis conservateurs dominent encore le Congrès.

« Le risque de division dans le camp de la droite et de l’extrême droite existe, parce qu’il n’y a aucun présidentiable naturel, héritier de Bolsonaro », commente Leandro Consentino, professeur à l’Institut Insper de Sao Paulo.

L’ancien président, rentré au Brésil fin mars après un séjour aux Etats-Unis commencé avant même l’investiture de Lula, a admis publiquement la possibilité d’un revers judiciaire.

« Personne ne va changer notre manière d’agir (…). Nous savons comment est la justice au Brésil. Quoi qu’il advienne, nous nous préparons avec beaucoup de fierté pour chercher des alternatives », a-t-il dit la semaine dernière lors d’une cérémonie de son Parti libéral (PL).

L’ex-dirigeant n’est pas au bout de ses peines. Il fait face à une quinzaine de procédures devant le tribunal électoral. Il est également visé par la Cour suprême dans cinq affaires, notamment celle des attaques du 8 janvier, et encourt des peines de prison.

M. Bolsonaro pourrait déposer un recours après une éventuelle condamnation par le Tribunal électoral supérieur, d’après le professeur de l’Insper, qui juge toutefois faibles ses chances de succès. Selon lui, en cas d’échec, il pourrait être tenté de se présenter en « martyr » : « Bolsonaro va tenter de tenir captive sa base la plus dure de partisans en assurant qu’il est victime de persécution politique ».

Source : Le Soir
Le Soleil Bénin info

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