Présidentielle de 2026 au Bénin: l’opposition sur une corde raide

Que ce au bloc républicain ou chez les progressistes, l’ambiance n’est pas politiquement sereine. Chacun tire le drap de son côté. La cohésion qui devrait être le leitmotiv de la majorité semble cèder la place à un capharnaüm politique. Pendant que le camp présidentiel se déchire, l’opposition tente de faire bloc. Mais sans une ligne claire.

Au cœur des tractations : le parti Les Démocrates, seul véritable contrepoids institutionnel au régime de la rupture. Aux commandes, l’ancien président Boni Yayi (2006-2016), figure tutélaire et chef d’orchestre des conciliabules en coulisses. Objectif affiché : dégager un candidat unique. Mission délicate.

Deux noms se détachent : Nourénou Atchadé, président du groupe parlementaire Les Démocrates, et Éric Houndété, 1er vice-président du parti, vétéran politique, fin connaisseur du terrain et confident régulier de Yayi. Le premier incarne la ligne dure et la fidélité au discours de rupture.

Le second, plus aguerri, rassure l’appareil et séduit les cadres par son pragmatisme. Selon plusieurs sources, Yayi pencherait pour Houndété, apprécié pour son équilibre et sa capacité à rassembler. Mais une partie de la base milite pour Atchadé, dont le discours tranchant galvanise les militants.

En interne, les tensions montent. Yayi temporise, mais les camps se dessinent. Plus que le nom du candidat, c’est la stratégie globale qui divise. Faut-il maintenir une posture radicale, quitte à boycotter une élection jugée verrouillée ? Ou jouer le jeu institutionnel et tenter la conquête des urnes ? Les avis divergent.

Et l’absence de cap clair pourrait, une fois encore, miner la dynamique du camp opposé à Talon. Le dépôt des candidatures approche. Le temps joue contre eux.

L.P

Le Soleil Bénin Info

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