Présidentielle de 2026: les petits calculs de Patrice Talon

La présidentielle générale de 2026 n’est plus loin. Environs 9 mois nous séparent de la date fatidique. Du côté de la mouvance, les stratégies se peaufinent. À quelques 05 mois de la déclaration des candidatures pour la prochaine élection présidentielle, Patrice Talon, l’actuel président de la République huile sa machine. Réunissant UP-R et BR en secret, il exige une candidature unique. Primaires, conclave, duo présidentiel: le camp présidentiel élabore une stratégie d’enfer pour damer le pion à l’opposition. Non sans conséquences.

Dans l’intimité de sa résidence, Patrice Talon, maître tacticien, a réuni les ténors de l’Union Progressiste, le Renouveau (UP-R) et du Bloc Républicain (BR). Objectif: verrouiller la succession en 2026. Le président, dont le mandat s’achève dans moins d’un an, ne laisse rien au hasard. Exit les divisions, place à l’unité. La mouvance présidentielle, souvent critiquée pour son hégémonie, joue une carte stratégique: une candidature unique pour conserver le pouvoir.

L’information, d’abord murmurée dans les cercles politiques, a éclaté comme une bombe. Le 28 avril, Talon a convoqué les leaders des deux mastodontes de la majorité dans une discrétion absolue. Pas de communiqué officiel, pas de fuites préalables. Juste une poignée de cadres triés sur le volet, réunis pour sceller l’avenir du camp présidentiel. L’enjeu ? Éviter les querelles intestines qui pourraient fragiliser la mouvance face à une opposition revigorée par son retour au Parlement en 2023.

Patrice Talon, fidèle à son style, a posé les jalons d’une mécanique implacable. Chaque parti organisera des primaires internes pour désigner un duo présidentiel. À quelques jours du dépôt de

candidature, un conclave final, sous l’autorité de Talon lui-même, tranchera. Le deal est clair: si l’UP-R décroche la présidence, le BR fournira le vice-président, et vice-versa. Une équation simple, mais audacieuse, qui impose une discipline collective rarement vue dans l’histoire politique béninoise.

UNE STRATÉGIE D’UNITÉ À DOUBLE TRANCHANT

Ce choix d’une candidature unique n’est pas anodin. Talon, accusé par ses détracteurs de museler l’opposition et de verrouiller le jeu démocratique, envoie un message fort. Il veut un bloc présidentiel uni, imperméable aux ambitions personnelles. Les primaires internes, saluées par les militants, donnent une volonté de démocratie participative. Mais ne nous y trompons pas: l’actuel locataire du Palais de la Marina garde la main. Le conclave à quelques jours du dépôt de candidature, sous son autorité, sera l’acte final d’un processus qu’il pilote de bout en bout.

Cette stratégie, si elle galvanise les militants, n’est pas sans risques. Les primaires pourraient réveiller des rivalités internes, surtout au sein de l’UP-R, où les ambitions présidentielles ne manquent pas. Joseph Djogbénou, ancien président de la Cour constitutionnelle, est souvent cité comme un favori. Mais d’autres figures, moins visibles, pourraient bousculer l’échiquier. Le BR, de son côté, devra gérer ses propres tensions pour aligner un duo crédible. Talon, en chef d’orchestre, devra jongler avec ces egos pour éviter une implosion.

UN PARI SUR LA DISCIPLINE COLLECTIVE

Les militants, eux, jubilent. Les primaires, une nouveauté dans le camp présidentiel, donnent un semblant de pouvoir à la base. C’est une démarche nouvelle, unitaire ! C’est une preuve que Talon pense à l’avenir du Bénin, pas à ses intérêts personnels. Mais derrière cet engouement, une question brûle: cette discipline tiendra-t-elle face aux appétits de pouvoir ?

Car l’opposition, bien que fragilisée, n’a pas dit son dernier mot. Les Démocrates, avec 28 sièges au Parlement depuis 2023, affûtent leurs armes. Les nouvelles règles électorales, exigeant un parrainage de 15% des maires et députés, compliquent leur tâche, mais ils misent sur un sursaut populaire. Talon, en imposant l’unité à sa mouvance, veut couper P’herbe sous le pied de cette opposition renaissante.

UNE VITRINE POUR TALON

En imposant des primaires, Talon ne se contente pas de préparer 2026. Il soigne son image. Critiqué d’être autoritaire, il montre un visage démocratique, tout en gardant le contrôle.

À l’international, cette démarche est un signal : le Bénin prépare une transition ordonnée. Mais le véritable test viendra des urnes. Les militants, séduits par l’idée de primaires, attendent un processus transparent. Toute suspicion de manipulation pourrait ternir l’opération et fragiliser le futur candidat.

Mais son implication active dans le choix de son successeur laisse planer un doute: jusqu’où ira son influence après 2026 ?

B.O

Le Soleil Bénin Info

468 ad

Submit a Comment

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *