Les députés du parti « Les Démocrates » ont convié les professionnels des médias à une conférence de presse dans la soirée de ce samedi 15 novembre 2025 pour non seulement désapprouver la révision de la constitution qui a lieu lieu dans la nuit du 14 au 15 novembre 2025 mais aussi pour dénoncer et contester la régularité du vote qui a abouti à cette révision.
C’est pratiquement un coup de force législatif et un coup d’État constitutionnel qu’ont dénoncés les députés de la minorité parlementaire devant micro et caméra ce samedi soir au siège de leur parti « Les Démocrates » à Cotonou. Habibou Woroucoubou, Abdel Kamel Ouassangari, Raouf Sariki et certains de leurs collègues sont montés au créneau pour expliquer à l’opinion publique les conditions dans lesquelles le vote qui a abouti à une ni révision de la constitution béninoise a eu lieu.
Dans son discours luminaire, l’He Habibou Woroucoubou a rappelé qu’une proposition de révision de la constitution a été introduite lors de l’ouverture de la session budgétaire au parlement par des députés de la majorité parlementaire. << Cette proposition de révision de la constitution portait spécifiquement sur l’institution du Sénat >>, a-t-il déclaré. Dès l’introduction de la proposition, le parti « Les Démocrates » a tout de suite clarifié sa position. Pour le parti, il y avait plus urgent et plus important que cette révision là. C’est donc naturellement qu’ils vont s’y opposer à travers les urnes. Mais ce sont les conditions dans lesquelles le vote s’est déroulé qui les a laissés pantois.
<< C’était du rodéo. C’était du ganan ganan ce qui n’est passé à l’Assemblée >>, a dénoncé l’He Raouf Sariki. Les mots employés sont forts, mais plus concrètement, après avoir franchi la phase de la recevabilité, les députés devaient passer au vote de la nouvelle constitution proposée. Et c’est à ce niveau que le bat blesse.
Constituant 22 députés ayant voté contre la recevabilité de la proposition de modification de la constitution, les députés du parti » Les Démocrates » pensaient pouvoir constituer une minorité de blocage pouvant empêcher cette nouvelle révision constitutionnelle. Malgré toutes les stratégies mises en place, notamment le fait de ne faire voter que 11 députés qui voteraient par procuration pour les 11 autres, des incidents intervenus comme la coupure de l’électricité deux fois de suite ont semé et nourri le doute sur la transparence et la crédibilité du vote qui a eu lieu cette nuit là.
Pour l’He Habibou Woroucoubou, tous les 22 députés ont voté non à cette révision constitutionnelle. Il conteste donc avec ses collègues les résultats proclamés dans un contexte et dans une ambiance de suspicion dû à une double coupure d’électricité, primo lors du vote et secundo au cours du décompte des voix. C’est alors qu’il y eût une vive contestation de la part des députés « Les Démocrates » pour dénoncer un processus de fraude qui se serait opéré devant le Ministre de la justice, Garde des Sceaux.
Ainsi, non seulement, ils ne reconnaissent pas ce vote, les députés du Parti « Les Démocrates » estiment qu’il doit purement et simplement annuler pour la simple raison qu’ils estiment que le quorum requis pour valider la révision de la constitution n’a pas été atteint. Ils ont enfin dénoncé l’existence de diverses version et moutures de cette nouvelle constitution qui évoluerait d’un instant à un autre au point où son contenu exact ne serait connu que d’une poignée de députés. << Nous pensons qu’il n’y pas eu revision de la constitution>>, a conclu l’He Habibou Woroucoubou.
Zek Adjitchè ALAFAÏ
Le Soleil Bénin Info



