Sport/Poste d’entraîneur des Black Stars: le Ghana tend les bras à l’ivoirien Emerse Faé

Libéré de ses fonctions à la tête des Éléphants de Côte d’Ivoire après le sacre continental de 2023, Emerse Faé pourrait bien rebondir plus vite que prévu. Selon des informations concordantes, la Fédération ghanéenne de football, la GFA, aurait inscrit le nom du technicien ivoirien sur sa short-list pour prendre la tête des Black Stars, en cas d’échec des négociations avec l’actuel sélectionneur, Carlos Queiroz.

Le Ghana à la croisée des chemins

Le football ghanéen traverse une zone de turbulence. Après des années de disette et une CAN 2023 ratée, la GFA cherche un profil capable de redonner de la fierté et des résultats aux Black Stars. Le nom de Carlos Queiroz, l’ancien sélectionneur du Portugal et de l’Iran, circule depuis plusieurs semaines. Mais les prétentions salariales du Portugais auraient fait grimper les enchères au point de freiner les discussions.

Dans ce contexte, la fédération ghanéenne explore d’autres pistes. Et c’est là que le nom d’Emerse Faé refait surface. À 46 ans, le Franco-Ivoirien a prouvé en quelques mois qu’il pouvait gérer la pression d’une grande nation de football. Arrivé en intérim en janvier 2024, il a conduit la Côte d’Ivoire au titre de champion d’Afrique à domicile, en renversant des situations désespérées et en instaurant un état d’esprit de guerrier.

Un profil qui coche toutes les cases

Pourquoi Faé plaît au Ghana ? D’abord parce qu’il connaît parfaitement le football ouest-africain. Il a joué, il a coaché, il a gagné une CAN sur le continent. Ensuite, parce qu’il a démontré des qualités rares : capacité d’adaptation, gestion d’un groupe en crise, et courage tactique.

Son parcours avec les Éléphants, parti d’une défaite 4-0 contre la Guinée Équatoriale jusqu’au sacre face au Nigeria, est devenu un cas d’école. Pour une sélection comme le Ghana, en quête d’identité et de mental, ce profil de « bâtisseur sous pression » a tout pour séduire. Enfin, sur le plan financier, Faé représente une alternative crédible à un Queiroz dont le CV européen se paie au prix fort. La GFA pourrait y voir l’opportunité de faire un pari ambitieux sans exploser son budget.

L’ironie de l’histoire ne passerait pas inaperçue. Voir Emerse Faé, l’homme de la 3e étoile ivoirienne, prendre les rênes du rival historique du Ghana aurait une saveur particulière. Au Ghana, on se souvient encore des duels âpres entre les deux nations. En Côte d’Ivoire, certains se demanderaient si la FIF n’a pas eu tort de ne pas prolonger plus tôt celui qui a ramené la CAN.

Si la piste se concrétise, Faé pourrait donc « faire mal » à sa fédération d’origine. Non par vengeance, mais par la force des résultats. Dans le football, les entraîneurs itinérants changent souvent de camp et écrivent leur légende chez le voisin.

Pour l’heure, rien n’est signé. Tout dépend de l’issue des pourparlers entre la GFA et Carlos Queiroz. Si le Portugais reste trop gourmand, Emerse Faé pourrait devenir le choix de la raison et de l’ambition pour les Black Stars. Un rebond express pour un technicien qui, à 46 ans, est déjà entré dans l’histoire du football africain. Et qui rêve peut-être d’écrire la suivante… face aux Éléphants.

Euphorie Gantin

Le Soleil Bénin Info

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