Ce n’est pas seulement dans les dépôts de vente de gaz domestique qu’on observe une pénurie au Bénin. Sur le terrain politique, la situation est tout aussi criarde que criante voire préoccupante. À moins de 3 ans de la fin du dernier mandat constitutionnel de Patrice Talon, on ne parvient pas à identifier très clairement sur l’échiquier les potentiels candidats. Pas de débats publics, pas d’idées, pas d’offres, bref, rien à se mettre sous la dent…Mis à part le mouvement OB qui occupe vaille que vaille le terrain et le comédien Bertin koovi qui assure drôlement vouloir être le successeur de Talon, on ne note aucun candidat; ni du côté de la mouvance, ni de l’opposition encore moins de la société civile. Une surprenante et rarissime situation au Bénin.
Qui pour succéder à Patrice Talon ? Cette question vaut tout son pesant d’or. Ce dernier ne pourra pas briguer un troisième mandat en raison d’un double verrou constitutionnel. En réalité, 2026 est une année cruciale pour la démocratie au Bénin. Au regard des nouveaux textes, le pays organise des élections générales.
Des communales et des locales mais aussi des élections présidentielle et législative. Le président sortant Patrice Talon ne se représente pas après ses deux mandats. Ce sont les premières élections après le vote des nouveaux textes sur les élections au Bénin. L’échéance de ces élections peut paraître lointaine. Environ moins de deux ans nous sépare de la date fatidique.
Mais aussi curieux que cela puisse paraître, on ne peut dire avec précision qui sont ceux qui veulent succéder à Patrice Talon. Une situation rare au Bénin depuis l’avènement du renouveau démocratique. Que ce soient dans la mouvance ou dans l’opposition, aucun candidat potentiel ne se positionne. Qu’est ce qui peut expliquer cette situation ? Est ce une stratégie ou résignation ?
Depuis un moment, c’est le nom de l’ami personnel du Chef de l’État qui est agité çà et là et présenté comme le dauphin naturel de Patrice Talon. Mais au travers d’une interview, il y a une semaine, c’est le président de l’Union progressiste le renouveau, Joseph Djogbénou qui a mis les choses au clair. » j’invite les uns et les autres à la patience », a-t-il déclaré.
Quand on sait que Oliver Boko est membre du parti UPR, on peut supposer que ce message lui est adressé. Du côté de bloc républicain, il n’y a rien à se mettre sous la dent en dehors part Bertin koovi qui a annoncé ubuesquement sa candidature. On sait qu’il s’agit d’un canalar.
Au sein de l’opposition, c’est une situation identique. Dans l’opinion, il n’y a aucun débat politique sur le sujet pour jauger les idées et les propositions. A moins de 3 ans de la fin de mandat de Patrice Talon, cette pénurie de candidats étonne plus que ça ne surprenne.
Sonia Abadagan (stg)
Le Soleil Bénin info



