Suivi de l’action gouvernementale: où sont passés les ministres-conseillers?

Nommés en juin 2026 pour accompagner le suivi de l’action gouvernementale, les douze ministres conseillers semblent aujourd’hui moins visibles sur le terrain. Une discrétion qui soulève des interrogations, alors que le gouvernement multiplie les réformes et les mesures à caractère social.

Où sont donc passés les ministres conseillers ? Depuis plusieurs semaines, leur présence dans les différentes localités du pays paraît moins perceptible. Ils sont peu visibles dans les activités de terrain, rarement entendus dans le débat public et semblent relativement discrets dans la vulgarisation des nouvelles mesures gouvernementales.
Pourtant, leur mission est clairement définie par les textes qui encadrent leur fonction.

Le ministre conseiller est notamment chargé de contribuer à la définition de la politique du Gouvernement et au suivi de la mise en œuvre de son programme d’actions et de ses initiatives. Il doit également assurer le suivi, sur le terrain, de l’exécution des décisions et directives du chef de l’État. Cette responsabilité prend une importance particulière dans des secteurs directement liés au quotidien des populations à savoir le commerce, l’éducation, la santé, l’énergie, l’eau, l’agriculture ou encore l’inclusion sociale.


Dans ces domaines, le gouvernement annonce et met en œuvre plusieurs mesures destinées à améliorer les conditions de vie des citoyens. Le rôle des ministres conseillers devrait donc être de suivre concrètement leur application, d’identifier les difficultés rencontrées et de faire remonter les réalités du terrain à la Présidence.

Une présence de terrain attendue

Leur mission ne consiste certes pas à occuper quotidiennement l’espace médiatique. Mais leur fonction implique une proximité avec les réalités vécues par les populations. Quelles difficultés rencontrent les bénéficiaires des différentes réformes ? Les mesures annoncées sont-elles correctement appliquées ? Quels obstacles persistent sur le terrain ? Quelles corrections peuvent être proposées ? Autant de questions auxquelles les ministres conseillers sont censés contribuer à apporter des réponses.


Le dispositif a justement été pensé comme un outil d’appui à l’action gouvernementale. Les textes prévoient notamment le suivi des projets, réformes, programmes et initiatives du Gouvernement, en collaboration avec les ministres sectoriels et les structures chargées du suivi du Programme d’action du Gouvernement.


Sortir de la discrétion


La faible visibilité de ces responsables ne signifie pas nécessairement une absence d’activité. Une partie de leur travail peut évidemment s’effectuer dans les bureaux, dans les réunions techniques ou au sein des structures de la Présidence. Mais cette discrétion peut aussi nourrir une interrogation légitime sur leur impact concret. Le président de la République Romuald Wadagni avait d’ailleurs rappelé, lors de sa rencontre avec les ministres conseillers en juin 2026, l’importance du service, de l’exemplarité et de la proximité dans l’exercice de leur mission.


L’enjeu est donc moins de voir les ministres conseillers multiplier les apparitions publiques que de mesurer concrètement leur contribution au suivi des politiques publiques. Car au-delà des titres et des responsabilités institutionnelles, les populations attendent surtout des résultats, des explications et un accompagnement dans la mise en œuvre des décisions publiques. Les ministres conseillers disposent ainsi d’un rôle stratégique tel que être au plus près du terrain, observer, écouter, analyser et proposer. À eux désormais de démontrer pleinement leur utilité dans le fonctionnement de l’action gouvernementale.

Euphorie Gantin

Le Soleil Bénin Info

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