Le mouvement politique Solidarité, Union, Développement (S.U.D) a initié à l’occasion de son premier séminaire national, organisé ce samedi 09 mai 2026 à l’hôtel Sossa sis à Gbèdjromèdé (Cotonou), une communication sur le thème: la trêve politique au Bénin : enjeux et responsabilités. Animée par le Professeur Gilles Badet, ancien Secrétaire Général de la Cour Constitutionnelle du Bénin, ce fut pour lui l’occasion d’expliquer et d’expliciter ce que les béninois et l’opinion publique devraient comprendre par trêve politique.
Le premier séminaire national organisé par Solidarité, Union, Développement (S.U D) a été donc l’occasion et le prétexte idéal pour xe mouvement politique de relancer et d’approfondir les réflexions sur les enjeux de la trêve politique décrétée désormais au Bénin et faisant partie de l’arsenal et du corpus juridique du pays. Pour animer un thème et un sujet aussi important qui passionne plus d’un béninois, le mouvement a eu recours à l’un des plus éminents juristes et praticiens du droit de sa génération à savoir Gilles Badet, ancien Secrétaire Général de la Cour Constitutionnelle du Bénin et Professeur de Droit.
Sans langue de bois, le Professeur Gilles Badet s’est penché et a opiné sur les enjeux qu’implique cette trêve politique ainsi que les responsabilités qui incombent aux acteurs à la fois politiques ou non. Dans ses explications sur ce qu’il faudrait entendre et comprendre par la trêve politique en République du Bénin, il a invité les uns et les autres à aller au delà des mots pour saisir la volonté du législateur qui voudrait que la politique se fasse désormais suivant certaines règles et conditions.
Aller au delà des mots
Pour le Professeur Gilles Badet, il faut sortir de cette perception négative qui voudrait que la trêve politique empêchera la libre expression de la pluralité des idées et surtout de la diversité et de la divergence des opinions. À l’en croire, la trêve politique ne signifie pas l’arrêt des débats ni des critiques.
En fin observateur de la scène politique béninoise, il a expliqué qu’avant les récentes réformes de la constitution et de la loi électorale, << il y a avait déjà, dans notre pays, une différence entre l’animation de la vie politique et la campagne électorale >>. << L’animation de la vie politique se fait à tout moment par les partis politiques qui sont chargés de porter les revendications et de les traduire en propositions, projets et en programmes >>, a-t-il ajouté avant de poursuivre que cette animation se fait d’une certaine manière et quand arrive la campagne électorale cette animation de la vie politique se fait d’une manière différente avec plus d’intensité et l’apparition même d’une période de précampagne électorale.
Une nouvelle façon de faire, de critiquer
La nuance à faire entre la période électorale et celle non électorale réside, selon le Professeur Gilles Badet, est que c’est la période non électorale qui porte désormais ce fameux nom de trêve politique qui suscite méfiance et inquiétude. Ce qui change fondamentalement, c’est que dans la critique de l’action publique, les partis politiques de l’opposition s’engagent à faire des propositions alternatives et constructives. << Cela veut donc dire que ce n’est pas la critique qui est supprimée>> mais c’est la manière de s’exprimer qui doit changer et évoluer, a fait comprendre Gilles Badet. << On peut résumer cette idée par l’observation ou l’observance de la courtoisie en matière de critique de l’action politique.
Les questions des participants au séminaire et les réponses de l’orateur du jour ont permis d’éclairer davantage la lanterne des uns et des autres sur le contenu à donner à cette trêve politique qui réaménagement deux périodes essentielles de l’animation de la vie politique au Bénin et qui allonge d’une année la période de la campagne électorale.
Zek Adjitchè ALAFAÏ
Le Soleil Bénin Info



