Violences lors des sorties d’égungun à Cotonou, Porto-Novo, Ouidah, Abomey-Calavi et environs: jusqu’où ira la dérive?

Les scènes de désordre observées depuis moment lors de certaines manifestations liées au culte égungun dans plusieurs villes du Bénin suscitent une vive inquiétude. De Cotonou à Porto-Novo, en passant par Ouidah, Abomey, Abomey-Calavi, Dassa-Zoumè et environs, des comportements contraires aux valeurs de respect et de préservation du patrimoine culturel semblent prendre de plus en plus d’ampleur.
Traditionnellement porteur de valeurs spirituelles, culturelles et identitaires, le culte égungun est censé offrir des moments de communion, de transmission et de célébration. Malheureusement, dans certaines localités, les festivités sont parfois marquées par des violences, des chicottes infligées à des spectateurs, des affrontements entre participants et même des actes d’intimidation qui ternissent l’image de cette pratique ancestrale.

Plus préoccupant encore, des individus armés de machettes ou d’autres armes blanches seraient présents lors de certaines sorties, créant un climat de peur et d’insécurité. Dans ces conditions, assister à une danse d’égungun devient pour certains un risque plutôt qu’un moment de découverte culturelle. Cette situation ne peut être ignorée. Elle appelle une réaction ferme des autorités administratives, sécuritaires et des responsables traditionnels. La protection des citoyens doit demeurer une priorité, tout comme la sauvegarde des valeurs authentiques du culte.

Il devient nécessaire d’encadrer davantage ces manifestations afin de prévenir les violences et les abus. Une réflexion pourrait notamment être engagée sur l’interdiction des châtiments corporels et sur le renforcement des mesures de sécurité lors des cérémonies publiques. Les dignitaires du culte ont, à plusieurs reprises, exprimé leur désapprobation face à ces dérives. Cependant, les appels à l’ordre semblent insuffisants au regard de la persistance des incidents.

Des actions concrètes doivent désormais être envisagées pour restaurer la sérénité autour de ces manifestations. Préserver le patrimoine culturel béninois ne signifie pas tolérer les excès. Il est possible de concilier respect des traditions, sécurité des populations et ordre public. Plus l’intervention tarde, plus le risque de voir survenir un drame augmente.
Il appartient donc aux autorités compétentes, aux responsables religieux et traditionnels ainsi qu’aux communautés concernées de travailler ensemble pour mettre fin à ces dérives et redonner au culte égungun toute sa dimension culturelle, spirituelle et éducative.

H.A
Le Soleil Bénin Info

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